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12 mars 2012

Théâtre : Hollywood

Comédie de Ron Hutchinson, adaptée par Martine Dolléans, mise en scène de Daniel Colas, avec Daniel Russo, Samuel Le Bihan et Dominique Pinon (en remplacement de Thierry Frémont).

L’histoire : Hollywood 1939, le tournage d’“Autant en emporte le vent”. Le studio est en crise, le tournage du film est stoppé : le scénario, beaucoup trop long, doit être réécrit en urgence. Le producteur engage donc un nouveau scénariste et un nouveau réalisateur. A trois, enfermés à clés dans un bureau pendant cinq jours, ils vont réaliser une forme de miracle : accoucher ensemble du plus grand film d’amour de tout les temps ! En accéléré, et avec dérision, ils nous font revivre le grand incendie d’Atlanta, les histoires d’amour de Scarlett… Cette histoire, tirée d’un fait réel est une comédie jubilatoire, extrêmement drôle, à la taille des géants qu’elle met en scène et du contexte exceptionnel dans lequel elle se déroule : Hollywood !

Mon avis : Ne boudons pas notre plaisir : j’ai vraiment beaucoup aimé ce spectacle ! Certes, c’est léger et facile, peut être, mais ce n’est pas graveleux et ça reste terriblement efficace. Certes, il y a peut-être un léger surjeu des acteurs par moment, mais qui ne gâche vraiment rien à l’ensemble. On ne s’ennuie pas pendant les 1h45 de représentation et les comédiens se donnent vraiment.
Même ceux qui ne connaissent Autant en emporte le vent que dans les très grandes lignes peuvent suivre. C’est la magie de la réécriture d’un grand film, archi-connu, devenu un chef d’œuvre, malgré ce qu’en dise nos 3 compères sur scène. Russo/Selznic a stoppé le tournage qui lui coute une fortune. Il enferme pendant 5 jours, dans son bureau, le scénariste Pinon/Hecht et le metteur en scène Le Bihan/Fleming pour réécrire complètement le scénario. Sauf que le scénariste n’a pas lu le livre ! Sleznic et Fleming vont devoir lui rejouer les scènes pour qu’il puisse écrire. On revoit donc quelques moments clés : l’entrée en scène d’Ashley annonçant son mariage avec Mélanie, l’accouchement de celle-ci dans Atlanta en proie aux flammes et enfin la mort de Bonnie et le départ de Rhett.
Quelques passages un peu plus profonds sur le fondement même du cinéma parsèment la pièce. À travers ce trilogue, c’est la question de l’origine du cinéma et de son âme qui est posée. Est-ce le scénariste, le metteur en scène ou le producteur avec son argent qui permet aux spectateurs d’entrer dans le rêve ?
Dans la réalité, on sait qu’une 15aine de scénaristes participa à la rédaction du scénario et que Selznic, jouant le tout pour le tout sur ce film, inondait ses collaborateurs de mémos sur ce qu’il désirait. Si Victor Fleming est bien le réalisateur officiel, George Cukor, tonton George dans la pièce, et Sam Wood y ont également travaillé sans être crédités.
Si ici, on ne retrouve pas le souffle épique du livre ou du film, on y trouve par contre une réécriture au vitriol des aventures de Scarlett, très agréable, et vraiment drôle. À voir !

Informations pratiques :

Hollywood
Théâtre du Gymnase Marie Bell
38, boulevard de Bonne Nouvelle - 750010 Paris
Tel : 01.42.46.79.79

Programmé du 27 janvier au 01 avril 2012
Spectacle vu le jeudi 23 février 2012


1 commentaires :

Neph a dit…

Si j'avais plus de facilités à me rendre à Paris, j'irais bien la voir ! La promo des acteurs à la télé m'avait déjà convaincue !