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13 avril 2012

Amerigo [Stefan Zweig]

Après Le joueur d'échecs, je continue avec Zweig.

L'histoire : L'Amérique, chacun le sait, aurait dû s'appeler Colombie. Amerigo Vespucci, qui lui donna son nom, n'avait en rien contribué à sa découverte, ni même revendiqué ce privilège. Alors, pourquoi lui ?

Mon avis : Cette fois, ce n’est ni une nouvelle ni une biographie mais un essai que Zweig nous propose, sur la question du nom attribué au Nouveau Monde, ce nom d’Amérique, créé d’après le nom d’Amerigo Vespucci. Pourtant, Vespucci n’est pas à l’origine de cette découverte, privilège de Christophe Colomb. Sauf que Vespucci est le premier a identifié cette terre non pas comme les Indes, mais comme un nouveau continent, jusqu’alors ignoré.
Stefan Zweig propose ici, presque comme une enquête, de remonter aux sources de la méprise qui attribua à Vespucci l’incroyable honneur de donner son nom à cette terre, honneur qu’il ne réclamât jamais, mais qui lui échouât bien malgré lui. Avec précision, l’auteur lève le voile sur ce mystère et liste la suite des événements qui menât à cet état de fait : un imprimeur peu scrupuleux, des erreurs de traduction ou d’interprétation… et voilà deux clans qui s’affrontent. Les défenseurs de Christophe Colomb crient à l’ignominie. Ceux d’Amerigo Vespucci doivent rechercher des preuves pour redorer le blason de leur héros.
S’il est parfois un peu compliqué de lire les citations latines ou italiennes, cette œuvre, assez courte au demeurant, est vraiment très intéressante et écrite simplement. Une petite carte, au début du roman, aurait peut être aidé à suivre bien mieux le propos, mais, comme l’auteur lui-même le demande à son lecteur, il faut tout oublier, revenir à la conception du monde du Moyen-âge pour comprendre toute la portée de ces découvertes réalisées par les explorateurs. Ce que j’ai surtout aimé, c’est cette façon de montrer l’évolution des croyances et de la perception du monde, au fil des siècles, et la naissance des processus de vérifications historiques.
Encore une fois, il me reste maintenant à trouver quelle sera ma prochaine lecture de Zweig.

3 commentaires :

keisha a dit…

Je l'ai lu, j'ai aimé, et pense que Zweig pourrait raconter le Bottin, il me fascinerait...^_^

Alex Mot-à-Mots a dit…

Attention, tu deviens Zweig-addict !

Petite Fleur a dit…

Voui voui, je sais bien, je suis contaminée moi aussi :-) Il me reste encore "Les très riches heures de l'humanité" que ma cousine m'a prêté à lire. Après...