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17 avril 2012

Le jour avant le bonheur [Erri de Luca]

L'auteur : Erri De Luca est un ouvrier, écrivain et poète italien, né en mai 1950. Il giorno prima della felicità est paru en 2009.

L'histoire : Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur, vit sous la protection d'un concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux, attaché au bien-être du petit garçon qui grandit à ses côtés. Il lui apprend à jouer aux artes, lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens. Il sait par conséquent que son protégé reste hanté par l'image d'une jeune fille entraperçue par hasard, un jour, derrière une vitre du troisième étage...

Mon avis : Un mélange de séquences, les unes naïves, témoignage d'une époque perdue, et les autres plus graves, considération sur l'époque et les moeurs  d'après-guerre. Une écriture poétique, belle, épurée, simple. Peut-être trop épurée à mon goût... je n'ai pas été imprégnée par ce roman.
Certes, je m'attendais également à autre chose. Car ici, il n'est pas tellement sujet de romance. Le narrateur se laisse porter par les événements et les affronte lorsqu'ils se présentent, ne refusant pas la confrontation. Il analyse comment il a grandi dans ce Naples d'après-guerre. Tout est une histoire de questionnement sur ce qu'est la vie, ce qui en fait son importance. Et comme il n'existe pas de réponse absolue, la lecture n'est pas toujours très fluide. Quant à l'incursion du fantastique avec la capacité de don Gaetano à lire dans les pensées des gens, elle est totalement secondaire. De plus, la violence de certaines scènes ou encore la force et l'envie de vivre de ces Napolitains passent difficilement avec le style si doux de l'auteur.
Roman initiatique, ici il est surtout question de faire grandir ce petit garçon et de le transformer en homme. Après cette guerre qui a chamboulé tous les codes, avec l'arrivée des Américains qui importent avec eux d'autres moeurs et une autre façon de vivre, tout est à réinventer. Pourtant, le narrateur est à la recherche d'une filiation. Etant orphelin, c'est auprès du concierge, don Gaetano, qu'il va la trouver. Mais le lecteur sent également un véritable attachement à la ville, Naples, à la fois capable du meilleur comme du pire, que ce soit d'entraide ou de collaboration avec les nazis.
Je suis d'autant plus désolée de ne pas avoir été plus touchée que ça que je pressens un réel potentiel dans ce roman. En même temps, c'est un parti pris pleinement assumé de Erri de Luca (il le dit lui-même dans ce roman) de se laisser complètement emporter par son histoire, de ne plus la maîtriser. Il y a des lecteurs à qui cela doit plaire, pas moi.

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour cette lecture, qui m'aura au moins permis de découvrir cet auteur contemporain très connu.

1 commentaires :

Cachou a dit…

J'ai lu un autre livre de cet auteur, je n'ai pas accroché non plus. Mais de mon côté, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à des sentiments prémâchés, et je n'aime pas la chose (du style "on appuie sur ce bouton et on a quelques larmes").