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01 mai 2012

La conjuration des Importants [Jean d'Aillon]

L’auteur : Jean d’Aillon, né en avril 1948, est un écrivain français, enseignant à l’université en histoire économique et macroéconomie avant de travailler dans l’administration des finances à la Commission européenne.

L'histoire : Paris, décembre 1642, le commissaire de police du quartier de Saint-Avoye a été assassiné dans une pièce entièrement close. Louis Fronsac, jeune notaire audacieux, mène l’enquête avec son ami de toujours, Gaston de Tilly, que l’on vient de nommer commissaire à Saint-Germain-l’Auxerrois. Au même moment, autour de la duchesse de Rambouillet, de Marie de Rabutin-Chantal et du prince de Marcillac, s’agitent les Importants. Cherchent-ils simplement à influencer la régente Anne d’Autriche, et sont-ils responsables de la mort du roi ? Alors que Louis Fronsac recherche autant la vérité que l’aide du jeune duc d’Enghien qui tente d’arrêter les troupes espagnoles, le duc de Beaufort et sa maîtresse, Mme de Montbazon, trament leur criminelle conspiration. Et si la cabale des Importants n’était qu’une intrigue de façade pour tenter d’assassiner le Sicilien Mazarini ?

Mon avis : Déjà, petit cours d’histoire. La conjuration (ou cabale) des Importants est organisé le 27 mai 1643 par François de Vendôme, duc de Beaufort, et Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, avec plusieurs grands du royaume, pour dépouiller les partisans de Richelieu, mort fin 1642. Le but est également d’éloigner la régente de l’influence de son nouveau premier ministre Mazarin et de signer une paix avec le roi d’Espagne.
J’avoue avoir eu un peu peur au début de ma lecture. Nonobstant tous les grands du royaume dont les noms sont changeants en fonction des titres qu’ils obtiennent, et dont les alliances varient en fonction de leurs intérêts, l’auteur avait un peu trop tendance à faire cour d’histoire à mon goût. Surtout lorsqu’il s’agissait de la topographie du Paris de l’époque. Mais bien vite, une fois le contexte social posé, les interventions de l’auteur sont beaucoup plus agréables et intéressantes. Car c’est bien là l’intérêt de ce roman policier historique que de nous apprendre une période au final assez peu traitée depuis Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas. Nous sommes plongés en plein troubles politiques : Richelieu est mort, tous ses détracteurs reviennent sur le devant de la scène alors que ses supporteurs font tout pour garder leur emprise sur le roi. Or, Mazarin monte, le roi se meurt et la reine est nommée régente. Chacun va donc poursuivre ses intérêts propres, même si pour cela il doit attenter à la vie du petit roi ou de son frère. Tout est bon pour gravir les marches du pouvoir et faire chuter ses ennemis. L'intrigue est bien ficelée et sait tenir le lecteur en haleine pour le plonger dans l'Histoire de France. Quant à Fronsac, il est au final un notaire assez attachant.
On croise bon nombre de personnages célèbres ou en passe de le devenir : le Grand Condé, d’Artagnan, Le poète Vincent Voiture… et cela est d’autant plus amusant que notre héros, Fronsac, simple notaire qui sait faire fonctionner sa cervelle, n’est pas particulièrement courageux, voire un peu peureux. Il ne porte d’ailleurs pas l’épée de peur de se retrouver mêlé à un duel !
J’ai tout de même été assez choquée de la modernité des relations entre jeunes personnes, Fronsac baladant seul sa promise, voire allant jusqu’à l’emmener dans sa future demeure et à dormir avec elle ! Est-ce moi ou bien est-ce qu’à l’époque cela ne se faisait pas ?
 En bref, je retrouve là un roman historique comme je les aime, qui sait nous faire apprendre tout en nous amusant. Vivement les autres épisodes !

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Merci pour cette leçon d'histoire.

Petite Fleur a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : et j'ai craqué pas plus tard qu'hier en achetant le premier tome "Le mystère de la chambre bleue". Ca laisse augurer à quel point j'ai aimé ce livre...