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03 septembre 2012

Fifty shades of Grey [E.L. James]

L'auteur : E.L James est l'auteur britannique de la trilogie Fifty shades of Grey, roman érotique, à la base fanfiction de Twilight.

L'histoire : When literature student Anastasia Steele is drafted to interview the successful young entrepreneur Christian Grey for her campus magazine, she finds him attractive, enigmatic and intimidating. Convinced their meeting went badly, she tries to put Grey out of her mind - until he happens to turn up at the out-of-town hardware store where she works part-time.
The unworldly, innocent Ana is shocked to realize she wants this man, and when he warns her to keep her distance it only makes her more desperate to get close to him. Unable to resist Ana’s quiet beauty, wit, and independent spirit, Grey admits he wants her - but on his own terms.
Shocked yet thrilled by Grey's singular erotic tastes, Ana hesitates. For all the trappings of success – his multinational businesses, his vast wealth, his loving adoptive family – Grey is a man tormented by demons and consumed by the need to control. When the couple embarks on a passionate, physical and daring affair, Ana learns more about her own dark desires, as well as the Christian Grey hidden away from public scrutiny.
Can their relationship transcend physical passion? Will Ana find it in herself to submit to the self-indulgent Master? And if she does, will she still love what she finds ?

Mon avis : Une lecture commence parfois par peu de choses : une rumeur sur internet parlant d'un livre, un reportage au journal de France 2 sur le succès qu'il rencontre Outre-Atlantique (plus de 30 millions d'exemplaires vendus), une discussion entre collègues et une envie d'une lecture totalement différente, en anglais en plus. Voilà ce qui m'a poussé à mettre de côté ma lecture des Très riches heures de l'humanité de Stefan Zweig pour me plonger dans ce roman dont tout le monde parle autour de nous. Enfin, quand je dis tout le monde, ce sont surtout des femmes. Il s'agit ici du renouveau d'un genre qui existe pourtant depuis pas mal de temps (Les infortunes de la Belle au bois dormant d'Anne Rice sont là pour le prouver) mais qui arrive à point nommé pour encanailler quelque peu les adultes bercées par Twilight et autres romances qui ne vont parfois pas assez loin.
Ici donc, nous suivons Anastasia Steele, autrement appelée Ana, 22 ans, jeune étudiante sur le point d'avoir son diplôme, dans sa rencontre avec un certain Christian Grey, 27 ans, homme terriblement beau et intimidant, qui possède déjà sa propre entreprise florissante. Que fait-il ? Des affaires. Nous n'en saurons guère plus, si ce n'est que monsieur lutte aussi contre la famine dans le monde. Ne rigolez pas, je suis sérieuse !  Eh oui, nous sommes dans un monde moderne, plein de MacBook, Blackberry et autres objets technologiques, mais les vieux clichés ont la vie dure. Monsieur est donc mystérieux, ténébreux, tourmenté. Mademoiselle est innocente, a attendu le bon moment pour tomber dans les bras d'un homme, pleine de surprises. Mais bizarrement prévisible dans ses réactions, du moins pour le lecteur : elle se mord la lèvre, fronce les sourcils, réfléchit trop et essaie de décrypter tout ce que dit Monsieur, cherchant un sens caché.
Je ne parlerai pas ici de l'écriture. Je ne suis pas assez calée en anglais pour pouvoir en juger. Sachez seulement que j'ai pu le lire sans aucune difficulté. Si quelques mots m'ont échappé, l'ensemble est tout à fait compréhensible et le contexte permet de saisir l'idée générale. Ceci me fait dire que nous ne sommes pas devant de la "grande" littérature. En même temps, ce n'est pas non plus ce que l'on recherche en se penchant sur ce type de roman... Notons tout de même que les mêmes mots reviennent assez fréquemment :
 - il y a bien un "holy shit/crap/Moses/cow/fuck/god" toutes les deux pages,
 - le monsieur est terriblement autoritaire, je crois que nous l'avons bien compris avant même de lire le livre. Ana semble le découvrir à chaque chapitre : "He's so bossy !".
 - Ana trouve Christian terriblement beau. Là, nous avons droit à quelques synonymes, au moins, cela varie un peu.
Quant à l'histoire elle-même me direz vous ? Ils se rencontrent, ils se draguent, il lui montre la vie, elle hésite à accéder à ses demandes un peu particulières, il lui montre gentiment de quoi il est question, et elle passe son temps à se demander si c'est moralement bien d'accepter et d'aimer ce qu'il lui fait. Voilà, je vous ai résumé 528 pages en 3 lignes. N'en attendez pas plus. Le reste n'est que scènes de sexe après scènes de sexe. On pourrait vite en faire une overdose tant c'est répétitif et sans surprise. Si nous pouffons de rire au début, et que nous rigolons bien entre copines à discuter de notre lecture, reconnaissons que cela devient vite lassant.
De plus, Ana a la fichue manie de faire parler son subconscient, terriblement coincé et prude, et sa déesse intérieure, complètement débridée. Chacun joue le rôle de l'ange et du démon sur ses épaules, lui donnant conseils et avertissements.
Je mets volontairement à part la scène où, pour la première fois, Ana se fait fesser. J'avoue avoir été mal à l'aise et quelque peu écœurée devant sa réaction. L'état dans lequel elle est à la fin de la petite séance est assez perturbant et, tout comme son amie Kate, j'ai eu terriblement envie de lui dire de larguer le bonhomme vite fait bien fait. Clairement, on sent un lien malsain entre les deux, de soumission pas complètement assumée de sa part à elle. L'auteur l'a-t-elle senti elle aussi, que par la suite elle tente désespérément de nous attendrir sur les malheurs de Christian, qui ont fait de lui ce qu'il est ? Peut être. Mais ça ne suffit pas à en faire quelqu'un de sympathique et fréquentable. Comme toute la relation est vue à travers Ana, de toute façon, nous sommes forcées de nous apitoyer.
Pourtant, il n'est au final que peu question de SM (oui, si vous n'aviez pas encore compris, c'est cela les pratiques peu courantes de Christian Grey). Ne vous attendez donc pas à de la souffrance en veux tu en voilà. Dans l'ensemble, cela reste assez classique, bien loin des Infortunes de la Belle au bois dormant dont je parlais plus haut.
Notons que monsieur a également un réel problème avec la nourriture et refuse catégoriquement qu'on le touche. Le lecteur n'aura pas l'explication du pourquoi dans ce premier tome. Dès fois que cela suffise à nous tenir en haleine pour lire la suite... Personnellement, je m'en moque. Je laisse ces deux personnages à leur relation, si elle leur convient, et je m'en retourne vers des cieux plus classiques. Stefan Zweig m'attend !

8 commentaires :

Ori a dit…

Ah la la, même si ça a l'air pourri, j'ai hâte de découvrir ça avec la VF!!! J'ai tellement vu de filles le lire dans le métro!

Petite Fleur a dit…

@ Ori : je te confirme, c'est bien pourri. Ca va qu'on l'a lu a plusieurs avec des collègues histoire de rigoler un peu !

Irrégulière a dit…

Disons que c'est une curiosité. Je ne regrette pas de l'avoir lu mais enfin, ce n'est pas le livre du siècle !

Alex Mot-à-Mots a dit…

Tu es dûr, on ne peut pas lutter contre un Stephan Zweig.

Loesha a dit…

Je confirme, un vrai calvaire... Retourne à des vrais lectures ! Je te prête un petit Sacher-Masoch alors ? :)

Manu a dit…

Je l'ai feuilleté mais je crois que je n'irai pas plus loin.

Kllouche a dit…

J'adore ta chonique: tu arrives tres bien a démonter le livre sans vraiment en avoir l'air. Je suis entierement d'accord avec ton avis, c'est une grosse bouze. Mais moi j'ai lu les trois tomes ... j'espérais vraiment pouvoir y trouver "quelque chose" qui explique le succes du livre ...

Yosha a dit…

Je suis entièrement d'accord avec ta critique. J'ai également abandonné la trilogie après le 1er tome, impossible de s'identifier à tant de niaiserie !
Si jamais tu veux jeter un coup d'oeil à ma critique :
http://yosha.over-blog.com/article-fifty-shades-of-crap-108111192.html