ShareThis

29 septembre 2012

L'héritage impossible [Anne B. Ragde]

Après La ferme des Neshov, voici le dernier tome de la saga d'Anne B. Ragde.

L'histoire : Suite au terrible secret révélé au clan des Neshov, la fratrie se disloque dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour, funeste, où ils doivent faire face, ensemble. Dans une chaleur suffocante, Torunn, héritière malgré elle de la ferme familiale et des guerres silencieuses du passé, dénouera leurs destins - traçant une vie nouvelle.

Mon avis : Comme promis, je n'ai pas attendu longtemps cette fois pour me plonger dans le dernier volet de la saga des Neshov. Et je peux dire qu'il s'agit d'une saga dans laquelle on peut se plonger, changer d'air totalement, loin, très loin des mièvreries habituelles. Une preuve ? Cette fois, pas de happy end. Pas de gros drame non plus, je vous rassure. Juste une image vraie de la vie, des choix difficiles, du poids des situations familiales. Même si la conclusion n'est pas particulièrement enthousiaste, j'apprécie assez qu'on nous évite ce happy end si facile et malheureusement si habituel.
Toujours les mêmes mots simples, la même plume terriblement efficace de l'auteur pour conter les douleurs de la vie. Après le drame qu'à découvert Torunn, rien n'est plus pareil à la ferme. Si, en tant qu'héritière, celle-ci tente bien de tenir les rennes de l'exploitation, avec l'aide d'un aide fermier, Kay Roger, la culpabilité la ronge. La pression que chacun exerce sur elle lui est insupportable. Les obligations d'un élevage sont bien décrites et laissent à la fois trop de place à la réflexion et peu de temps pour soi. Torunn s'enfonce dans les affres de la déprime et ne s'en sortira qu'au prix de sacrifices.
On reste hanté après notre lecture par tous les personnages de cette famille. Difficile en effet de ne pas y voir le reflet de certaines incompréhensions que nous pouvons tous vivre avec nos proches. Cette saga ne peut que nous toucher. Chacun porte sa part de culpabilité. Mais chacun est humain. Difficile de jeter la pierre sur l'un plus que sur l'autre. C'est pourtant la somme de ces comportements qui fait de cet héritage un héritage impossible à porter.
Au dessus des contingences humaines, après le froid glacial du 2e tome, c'est la chaleur écrasante de l'été qui s'abat sur tout ce monde. Les descriptions des paysages donnent des envies de voyage, que ce soit la capitale du Danemark, patrie adoptive d'Erlend, ou les fjords de Norvège et de Trondheim en particulier.

J'ai bien envie de découvrir les autres romans de cette auteur moi maintenant !

2 commentaires :

canel a dit…

Hors-sujet : un petit tag sur tes livres ?
Hop, si le coeur t'en dit, je t'invite ! (sur mon blog, ce dimanche !)...

Isa a dit…

J'ai été déçue par ce troisième tome alors que j'avais vraiment adoré les deux premiers.
Dommage !