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27 janvier 2013

Ouragan [Laurent Gaudé]

C'est suite à mon billet sur le tout dernier roman de Laurent Gaudé, Pour seul cortège, que j'ai procédé à un échange avec ma cousine : je le lui prêtais et elle me prêtait cet Ouragan.

L'histoire : A la Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?
Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au cœur de la tourmente, en quête de Rose qu'il a laissé derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence.

Mon avis : J'avoue que, ce livre, je ne l'aurais probablement pas lu si on ne me l'avait prêté. J'ai tendance à avoir du mal à me plonger dans des histoires basées sur des faits réels très récents. Il y a un côté voyeuriste et macabre qui me dérange. Je me souviens encore des images de l'ouragan Katrina, dans une ville que j'avais eu l'occasion de voir et d'admirer.

Est-ce cela qui m'aura empêchée d'être prise dans ce roman ? Ou peut être le trop grand nombre de personnages suivis, qui vont s'entre-croiser ? Je ne sais pas, mais j'ai contemplé de loin le destin de ces quelques habitants de la Nouvelle-Orléans être bouleversé.

L'ouragan est très passager. Je m'attendais à une description plus poussée de l'attente pendant que le déluge passe, de l'angoisse ressentie, de la peur de la destruction de tout ce qu'on connait. Il n'en est ici qu'assez peu question. L'auteur se centre davantage sur le destin des personnages, ceux qui n'ont pas pu/voulu se sauver à temps, pauvres pour la plupart, noirs également, et dont les voix se répondent, si différentes. Entre Josephine Linc. Steelson, vieille négresse qui prend plaisir tous les matins à monter et s'assoir à l'avant du bus, elle qui a connu la ségrégation, et qui attend la mort pour retrouver tous les siens ; Rose et son fils Byron, bientôt rejoints par Keanu venu spécialement les retrouver ; ce prêtre qui cherche la foi dans le meurtre (alors là, j'avoue ne pas avoir du tout compris) et ces prisonniers abandonnés par l'état de Louisiane dans leurs cellules qui réussiront à s'échapper Ce melting-pot de voix est surement la force de ce roman, mais j'y ai été insensible, voire parfois étourdie par la cacophonie. Je n'ai pas pu m'attacher à un personnage en particulier. Et je voulais vivre l'ouragan, je ne l'ai que vaguement vu passer au loin.

Pour ma part, je trouve que la plume de l'auteur si particulière colle bien mieux à une saga familiale, une lignée comme pour Le soleil des Scorta. Mais j'ai tout de même apprécié quelque chose d'assez anecdotique : la description de l'après cataclysme, avec les eaux qui montent, charriant leur lot de cochonneries en tout genre (on imagine facilement les maladies, la difficulté de lutter contre l'invasion), puis les alligators, avant la décrue, la recherche de nourriture et les pillards qui s'en donnent à cœur joie. Cela m'a peut être justement encore plus mis l'accent sur le fait que j'aurais aimé lire une vraie description de la tempête.

Dommage donc.

3 commentaires :

Manu a dit…

J'ai aimé Les portes de l'enfer de cet auteur mais ne l'ai plus lu depuis. J'ai "Eldorado" dans ma PAL. A voir.

Lilibook a dit…

Je n'ai jamais lu l'auteur mais je ne suis pas trop attirée par ce titre...

Sandy a dit…

Je n'ai pas vraiment adhéré à ce titre moi non plus. Je lui ai largement préféré Le soleil des Scorta !