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12 février 2013

Hitchcock, de Sacha Gervasi

Film américain de Sacha Gervasi, sorti le 6 février 2013, avec Anthony Hopkins, Helen Mirren et Scarlett Johansson.

L'histoire : Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière. A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager. Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre. Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : PSYCHOSE. 

Mon avis : Le spectateur n'évitera pas ici la caricature : la rondeur, l'accent plus comique qu'autre chose, le positionnement de la voix, le peu d'émotions que le masque d'Anthony Hopkins laisse transparaître... On oscille en permanence entre biopic et farce, le trait manque de finesse. Hitchcock est bourré d'obsessions, pour les blondes notamment, et toutes ses actrices devront en payer le prix en satisfaisant ses attentes car il n'hésite pas à envahir leur vie privée. Mais tout cela, nous le savons déjà et ce film ne nous apprendra rien sur ce génie de la réalisation, n'insistant même peut être pas assez sur ce côté tyrannique. On se posera aussi des questions sur la véracité de certaines séquences : Alma réalisant à sa place, Hitchcock matant ses actrices à travers un trou fait dans le mur... Et si on veut bien admettre qu'il ait pu être obsédé par ses personnages, on n'adhère pas vraiment lorsqu'il semble sujet à des hallucinations.
Et puis, la réalisation est assez plate, tirant sur la comédie romantique sans qu'on sache trop pourquoi. Ce n'est pas le film du siècle, ça, c'est sur. Mais ne boudons pas non plus notre plaisir, j'ai regardé ce film sans déplaisir.
Le film met la lumière sur la femme du maître, Alma Reville. La prestation d'Helen Mirren est d'autant plus réussie que Hopkins n'est pas dans son meilleur rôle. Le film prend bien plus d'intérêt et d'ampleur dès que la caméra se pose sur elle. Elle est pour le réalisateur un véritable bras droit, la seule personne à qui il puisse faire réellement confiance, qui le soutienne totalement. Car ils iront jusqu'à hypothéquer leur magnifique demeure pour réaliser ce film.  Elle est même parfois enfermée dans un rôle de mère, à toujours se soucier de sa santé alors que lui ne rêve que de foie gras et de chocolat. Notons d'ailleurs cette réplique qui fera bondir les Français : Hithcock refuse de renoncer au foie gras qu'il fait venir de Marseille, ville très connue en métropole pour cette spécialité !!!
Plus qu'un film sur Hitchcock, il s'agit en fait de la réalisation de ce qui sera, malgré les difficultés rencontrées, le plus grand succès du cinéaste : Psychose. Car il faudra à cet homme beaucoup de courage pour décider, contre tous, de faire ce film auquel personne ne croit. Le clin d’œil de début et de fin, avec un Alfred Hitchcock s'adressant directement au spectateur, est bien trouvé car il rappelle forcément la série Hitchcock présente. Et les dernières secondes donnent terriblement envie de revoir Psychose, mais aussi bien d'autres réalisations : Sueurs froides, Les oiseaux... Vite, mes DVD !

1 commentaires :

Ori a dit…

J'y vais vendredi, parce que Psychose quoi!!!!!!