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08 mars 2013

La mort s'invite à Pemberley [P.D. James]

L'auteur : P.D. James est une auteur britannique de romans policiers. Née en août 1920, elle connait le succès dès son premier roman qui met en scène le policier de Scotland Yard Adam Dalgliesh.

L'histoire : Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa soeur préférée, Jane, et son mari, Bingley habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l'imposante bibliothèque du château. Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune soeur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancune anciennes.

Mon avis :  Vous aurez surement compris que je suis dans une phase nostalgique des romans de Jane Austen. Et lorsqu'on m'a prêté ce titre qui a fait coulé beaucoup d'encre sur les blogs, je n'ai pu résister. Je dois avant tout vous dire que c'est le premier roman de P.D. James que je lis, je ne pourrais donc pas faire de comparaison avec ces autres titres.
Le début s'annonce bien. P.D. James reste fidèle aux personnages dessinés par Jane Austen. Elle rappelle d'abord les éléments clés de l'histoire d'Orgueil et préjugés, avant de tisser rapidement les fils de leur destinée jusqu'aux jours qui nous intéressent ici, quelques 4 ou 5 années après le mariage de Lizzie et Darcy. Si au début donc, on retrouve l'atmosphère si agréable de l'oeuvre originelle, très vite, on s'embourbe dans du cliché vivant.
Nos deux héros ont eu 2 enfants, qu'ils ne voient guère qu'en allant visiter la nursery. J'aurais cru Elizabeth plus attachée à la famille et donc à prendre une part active dans l'éducation de ses propres enfants. Darcy, quant à lui, n'a plus le charme de l'impossible, maintenant qu'ils sont mariés. Plus de taquineries. Il semble quelque peu ennuyeux et rigide. C'est surtout lui que nous allons suivre d'ailleurs puisqu'en tant qu'homme, il est le seul à pouvoir gérer les conséquences de ce drame qui s'est produit sur ses terres. D'où peut-être l'ennui que le lecteur traine tout au long de sa lecture. Le couple que Darcy forme avec Lizzie est assez plat, quelconque et sans étincelles. Seul l'infâme Wickham est au final plein de vie : il a fait la guerre d'Irlande, en est revenu avec honneur, avant de quitter l'armée et de reprendre sa course aux jupons, pendant que sa femme papillonne et ne sait toujours pas se tenir. Par contre, les personnages secondaires originaux sont bien utilisés par l'auteur, et ceux qu'elle ajoute sont parfaitement intégrés.
Quant à l'intrigue policière, elle est assez facile. Avec la réputation de l'auteur, on pourrait s'attendre à une tornade dans le monde si calme de Pemberley. Eh bien non, tout sera au final assez convenu. On se doute tout de suite que le comportement du colonel Fitzwilliam n'est pas normal et qu'il va jouer un rôle dans le drame qui se déroule sous nos yeux. De même, l'ambiance du bois de Pemberley et cette famille qui y vit quasiment isolée donnent au lecteur beaucoup d'indices. Enfin, en prenant pour cible Wickham, P.D. James ne se met pas en danger : ce personnage est le moins aimé de toute la littérature austenienne. Il aurait été plus courageux de choisir une autre cible. L'intrigue est lente et répétitive : on assiste d'abord à l'audience préliminaire, puis au procès, qui reprend exactement les mêmes témoignages. Alors, certes, on sent un vrai travail sur l'exercice de la justice à cette époque, mais j'ai un peu eu l'impression par moment de me retrouver devant Le cercle de la croix de Iain Pears.
Je suis, vous l'aurez compris, assez déçue : j'aime Orgueil et Préjugés, j'aime les polars, et je n'ai pas trouvé ici chaussure à mon pied. L'auteur n'a pas osé, ni exploité jusqu'au bout la matière qu'elle s'est créé. Dommage. J'en resterai là en littérature para-austenienne, de peur d'aller de Charybde en Scylla. Et lorsque j'aurai une envie de Darcy, soit je relirai le roman, soit je me tournerai vers les adaptations télé/ciné.

5 commentaires :

Ys a dit…

J'aime bien PD James, que j'ai beaucoup lue à une époque, mais ce titre-là ne me tente pas, encore moins s'il est convenu.

Fleur a dit…

Je n'ai pas été déçue par ce roman, peut-être parce que je n'ai pas essayé de le comparer à "Orgueil et préjugés". Et comme je ne suis pas une lectrice de romans policiers, je n'avais pas de grande attente concernant ce roman, qui m'a finalement plu!
Cela ne m'a pas vraiment choquée que Lizzie ne soit pas si proche de ses enfants car j'imagine que c'était normal pour l'époque...

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'aime aussi les polars et Jane Austen, mais pas ensemble.

Loesha a dit…

Malgré tes commentaire, j'aimerai bien le découvrir à l'occasion, histoire de voir comment l'auteur s'en sort avec des personnages tant adulé par leur public.

Lilly a dit…

Je l'ai récupéré il y a quelques temps, et je pense y jeter un coup d'oeil un jour, mais mes attentes seront peu élevées.