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19 avril 2013

La Vierge en bleu [Tracy Chevalier]

Loesha m'avait prêté Prodigieuses Créatures il y a un peu plus d'un an maintenant. Comme j'avais adoré alors que je n'étais pas particulièrement attirée par le sujet des fossiles, je me suis intéressée à d'autres romans de Tracy Chevalier. J'avais déjà lu La jeune fille à la perle et La dame à la licorne. Alors je me suis tournée vers La Vierge en bleu, son premier roman, écrit en 1997.

L'histoire : Récemment arrivée des États-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverser sa vie. Quatre siècles plus tôt, en pleine guerres de Religion, Isabelle du Moulin, surnommée "La Rousse" en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autres choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme. Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix.

Mon avis : On sent ici que l'auteur a réuni une documentation importante sur les persécutions religieuses entre Catholiques et Protestants et les flux migratoires qui ont suivi. Il n'empêche que cela n'apprendra pas grand chose au lecteur français qui sait déjà tout cela. Dommage qu'on ne retrouve pas ici autant de matière que lorsque l'auteur nous fait découvrir les curios dans Prodigieuses créatures, ou Vermeer dans La jeune fille à la perle. C'est peut être le parti pris du récit de deux femmes à plusieurs siècles de distance qui empêche de se plonger totalement dans l'une ou dans l'autre. Car, cette fois, la magie de la plume de Tracy Chevalier a un peu moins opérée et je n'ai pas retrouvé ce sentiment que j'aime particulièrement : apprendre et me distraire en même temps.
Pour le côté anecdotique, on fait face à certains clichés sur les Français provinciaux (à l'esprit étriqué) et les Suisses (tous ponctuels et pointilleux). J'ai tiqué lorsque, vers la fin du roman, Ella mange une purée de maïs comme plat typiquement français. Pour ma part, je n'en ai jamais mangé. Par contre, connaissant cette région, j'ai aimé voir décrire les tuyés utilisés en Franche-Comté et en Suisse à l'époque d'Isabelle.
L'histoire, quant à elle, il faut le reconnaître, n'est pas très intéressante et plutôt convenue et attendue. Je n'ai pas du tout été convaincue par l'histoire amoureuse qui se dessine entre Ella et le bibliothécaire, car on devine dès les premières pages que son arrivée sur le sol français va complètement la chambouler, la changer comme elle le dit elle-même. Je l'ai été bien plus par ce que vivait Isabelle, son tourment de catholique convertie un peu par la force des choses au protestantisme, le tout saupoudré d'une bonne dose de superstition.
Malgré ces défauts, on reconnait ici le style de Tracy Chevalier et les prémices de ce qui fera son succès : elle sait conter et emporter le lecteur dès les premières pages. Et surtout, elle a su particulièrement bien rendre ce sentiment de malaise qui pèse sur Ella et sur Isabelle. A tel point que moi aussi j'étais mal à l'aise pendant ma lecture, surtout au début, ayant du mal à tourner les pages, avant de m'intéresser à la grande Histoire dans la petite. Une lecture un peu plus en demi-teinte donc, mais qui ne m'empêchera pas de vouloir lire encore d'autres titres.

2 commentaires :

Yspaddaden a dit…

Bon, eh bien disons que c'est un premier roman, et qu'il vaut mieux découvrir les suivants. J'ai aimé "La jeune fille à la perle".

Alex Mot-à-Mots a dit…

Au moins, cela ne t'a pas découragé d'en lire d'autres.