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10 juin 2013

Les petits ennuis de Bécassine [Caumery & Pinchon]

Les auteurs : Joseph Pinchon est un illustrateur français, né en avril 1871 et mort en juin 1953, précurseur de la ligne claire. Caumery, de son vrai nom Maurice Languereau, né en janvier 1867 et mort en août 1941, est le scénariste mais également neveu de l'éditeur Gautier-Languereau.

L'histoire :Nous sommes en 1933. Bécassine, Mme de Grand-Air et Loulotte se sont réfugiées à Clocher-les-Bécasses. Jusqu'à ce qu'un courrier de M Proy-Minans ne demande qu'on lui envoie  Bécassine et des provisions, car il ne s'en sort pas pour tenir son appartement parisien. Bécassine prend donc le train pour rejoindre Paris.

Mon avis : Voilà longtemps que je voulais vous parler de Bécassine. J'ai une bonne vingtaine d'albums de cette héroïne, dans la très jolie édition reliée Gautier Languereau.
Bécassine apparaît pour la première fois pour boucher une page blanche dans le premier numéro du tout nouveau magazine pour fillettes, la semaine de Suzette, le 2 février 1905. Cette histoire, écrite par Jacqueline Rivière et dessinée par Joseph Pinchon, rencontre un telle succès qu'elle reviendra régulièrement, toujours pour boucher les pages blanches. Il faut attendre 1913 pour que Bécassine se voit proposer dans des histoires un peu plus structurées, toujours dessinées par Pinchon mais dont le scénario sera l'oeuvre de Caumery.
Bécassine, de son vrai nom Annaick Labornez, est pour moi associée à mon enfance, mais aussi à un temps que je n'ai pas connu.
Bécassine est terriblement attachante. Elle cherche à bien faire, pleine de bonne volonté, mais pas très dégourdie. En même temps, elle a un réel amour pour Loulotte et pour sa maîtresse la marquise de Grand-Air. Elle va d'aventure en aventure, témoignant de son temps et des progrès qui le jalonnent, mais également de la vision de la société de l'époque (notamment la phrénologie, bourgeoisie vs paysans).
Très décriée par les Bretons, son personnage glissera doucement vers une jeune fille capable de beaucoup de choses et même de guider les siens. Si elle apparaissait comme bécasse, par opposition avec les autres qui sont souvent méchants et cruels, elle devient plutôt foncièrement bonne et dénuée de toute méchanceté, ce qui la conduit si souvent dans des mésaventures.
Bécassine n'est pas une bande dessinée ordinaire non plus ne serait ce que par sa construction typique de l'époque, et qui me fait toujours penser au sapeur Camember : une planche est composée de 3 lignes, chacune composée de 2 à 3 dessins. Le texte est positionné sous le dessin. Il n'y a pas de bulles, obligeant ainsi le scénariste à utiliser des verbes de narration où des locutions permettant de donner la parole à un personnage précis. On est plus proche d'un roman, dans la forme, que d'une bande dessinée. Le texte pourrait en effet très bien être lu sans regarder les dessins qui ne font que l'illustrer. Le dessin en lui-même n'est pas porteur de sens.
source : Bedethèque Bécassine à Clocher-les-Bécasses
Dans ce tome-ci, elle revient après 8 ans d'absence pour nous raconter ses aventures en pleine Seconde Guerre Mondiale et notamment au sein de la Résistance. Toujours un peu malgré elle, mais tellement le cœur sur la main, elle ne se rendra compte de ce qu'elle fait que bien plus tard. Mais elle n'en voudra pas à ceux qui l'ont manipulée, voire se sont moqués d'elle, tant qu'ils le font gentiment. Je me prends parfois à les détester, ces personnages qui se moquent d'elle. Mais Bécassine ne serait pas Bécassine si elle ne se faisait pas avoir et ne pardonnait pas de si bon cœur.

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Des albums que je ne connais pas, la honte !