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18 juin 2013

Louvre #7 : La Descente de Croix

L'année dernière j'ai été sensible à l'appel aux dons fait par le Louvre pour l'acquisition de deux statuettes en ivoire, les deux seules manquantes à un ensemble déjà en possession du grand musée. Il est désormais possible de découvrir l'intégralité du groupe, appelé La Descente de Croix, dans la Salle 3 du département des Objets d'art, au 1er étage de l'aile Richelieu.

Cela fait plus d'un siècle que, l'une après l'autre, les 5 premières statuettes en ivoire, petits chefs d'oeuvre de l'art gothique, pouvaient être vues au Louvre. En 1896, c'est d'abord la Vierge (qui tient la main du Christ, au fond à gauche), Joseph d'Arimathie portant le Christ (au centre) et la figure de l'Eglise (tout à gauche). En 1947, c'est le Nicodème (agenouillé) qui entre au musée. Mais il faudra attendre plus de 40 ans avant qu'on ne découvre qu'il appartient au même groupe. Dès lors, on soupçonne que la figure de Saint Jean, qui fait habituellement le pendant de la Vierge, et celle de la Synagogue (en bas à droite, représentée les yeux bandés car elle n'a pas reconnue le Messie), qui fait le pendant le l'Eglise, ont été détruites. Ce n'est que récemment qu'elles ont été découvertes et ont pu rejoindre les autres grâce aux dons.

La Descente de Croix - statuettes en ivoire du XIIIe siècle
Département des Objets d'art - Musée du Louvre





La Descente de Croix est une de ces images de dévotion en ivoire qui figurent souvent dans des inventaires princiers ou d'églises. On suppose néanmoins qu'elle était présentée dans un cadre d’orfèvrerie laissant voir tous les détails. L'artiste à l'origine cette oeuvre est inconnu. Les experts imaginent qu'il a du travaillé à Paris, alors centre de la taille de l'ivoire, même si son travail présente beaucoup d'analogies avec certaines figures présentent sur la Cathédrale de Reims.
Aujourd'hui, presque tous les éléments sont réunis. Presque, oui. Car il devait bien y avoir une Croix. Mais celle-ci, certainement d'orfèvrerie, tout comme le dais, serait difficilement reconnaissable, contrairement à des statuettes en ivoire porteuses de la main du maître. Les connaissances actuelles de l'iconographie du XIIIe siècle laissent penser que le groupe est reconstitué. Il n'y a que quelques tous petits éléments qui sont manquants mais ne pourront probablement jamais être retrouvés : la lance de la Synagogue par exemple.
Des études vont également être menées car on détecte des traces de polychromie sur les statuettes.

Joseph d'Arimathie portant le Christ, Nicodème agenouillé
Département des Objets d'art - Musée du Louvre

Sur la photo ci-dessus, on remarque bien le détail du travail des cheveux et du drapé des habits. Ces petites statuettes sont vraiment admirables et donnent une vraie impression d'ensemble homogène.