ShareThis

27 septembre 2013

Exposition : Roy Lichtenstein

Je vous parlais à la mi-août de l'exposition Simon Hantaï au centre Pompidou. A la base, cette exposition n'était pas au programme. Nous étions venues pour l'exposition Roy Lichtenstein, figure importante du Pop art. Après l'exposition sur Keith Haring, il semblait naturel de poursuivre avec Lichtenstein.


Autant le dire d'entrée, j'ai été bien moins sensible à Lichtenstein qu'à Keith Haring. Il y a peu d'implication de sa vie personnelle, de ses engagements dans sa peinture, au contraire de Haring. Alors on pourra me dire que ses débuts sont clairement inspirés de sa vie personnelle, puisqu'il commence en peignant des Mickey suite à une phrase lancée par son fils. Mais je n'ai guère été touchée par ces toiles ou les nombreuses sculptures présentées.

Roy Lichtenstein est vite fasciné par le pouvoir des images commerciales, stéréotypes de la culture américaine : des femmes idéales ou des personnages chargés d'une tension dramatique. Ou comment transformer le cliché en icône.

Roy Lichtenstein - Oh, Jeff...I love you, too... but...

Tout est très stylisé (peut être trop ?), les lignes sont claires et nettes, et on comprend son travail autour des images des comics grossies démesurément, avec ces points Benday et ces couleurs flashy primaires si caractéristiques. Un grand travail préparatif est nécessaire comme le montre les composition books reprenant des collages de ses sources d'inspiration, les dessins préparatoires. La matière picturale est le sujet des tableaux, qui rendent l'idée d'une image imprimée.

Roy Lichtenstein - Pablo Picasso (Cliquez pour agrandir)

Roy Lichtenstein - Rouen Cathedral

De même, les hommages rendus aux grands maîtres modernes et reconnus comme Picasso ou Monet, en reprenant leur thématique ou leurs œuvres sont intéressants. Il va plus loin en pensant le tableau comme un objet qu'il peut peindre. Il réalise alors une mise en abîme avec sa série des Artist's studios, figurant des ateliers de peintre, inspirée de Matisse. On pourrait se demander où est l'original.

Roy Lichtenstein - Artist's Studio
Sur la fin de sa carrière, il va revenir aux femmes de ces débuts, en les représentant non plus tronquées mais de la tête au pied. Elles sont nues, mais tout érotisme est enlevé tellement elles sont stéréotypées et aseptisées.

Roy Lichtenstein - Paysage au philosophe



Enfin, juste avant de disparaître, il rend hommage aux peintures traditionnelles chinoises, en reprenant le format et le mono-chromatisme. Cette fois, les points Benday ont des tailles variables pour représenter les ombres.


Ce qui m'a gênée, c'est que son regard semble totalement détaché, comme un exercice de style plus qu'une façon de s'exprimer. En dehors des tableaux amusants de reproduction de comics de notre enfance, ou de "travail à la manière de", il manque un véritable message pour m'intéresser. Il décrit d'ailleurs lui même son style d'aussi artificiel que possible.

De plus, l'expo est courte, avec assez peu d'explications : l'audio-guide n'est d'aucune utilité car il reprend exactement ce qui est affiché ou bien disponible sur le dépliant proposé à l'entrée.


Informations utiles :

Du 3 juillet au 4 novembre 2013
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 22h, nocturne les jeudis jusqu'à 23h

Centre Pompidou – Place Georges-Pompidou – 75004 Paris
Tel : 01 44 78 12 33

Tarif : de 9 à 13€ (pour un accès à toutes les expositions)
Audioguide : 5€

Site du centre Pompidou : http://www.centrepompidou.fr/fr

3 commentaires :

Loesha a dit…

Malgré le fait que j'ai étudié cet artiste pendant mes études, je n'ai pas été plus que ça touché plus que ça par le fait de voir "en vrai" certaines de ces œuvres... Bizarre...
J'ai bien aimé le traitement des œuvres japonisante de la fin de sa carrière, mais j'ai trouvé un peu trop anecdotique le fait de rajouter des petits chinois partout.
Un peu déçue aussi donc.

Et puis marre des expo ou une moitié des œuvres sont photographiées et l'autre non, avec les cerbères de gardiens qui passent leur temps à râler sur les pauvres photographes qui ne voient pas les panneaux :(

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je te sens déçue par cette expo.

Petite Fleur a dit…

@ Loesha : Ah ça, les dragons qui surveillent et engueulent tout le monde alors que la signalisation est très mal fichue !

@ Alex Mot-a-mots : carrément déçue oui. Encore heureux que nous avons pu voir dans la foulée l'expo sur Hantaï, pour le même prix, et qui elle était une vraie découverte.