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01 février 2014

Le baiser du rasoir [Daniel Polansky]

L'auteur : Daniel Polansky est un jeune écrivain américain, né à Baltimore. Lauréat du prix Imaginales 2012, Le baiser du rasoir est son premier roman, et le premier tome d'une trilogie intitulée Basse-Fosse (Low town).

L'histoire : Il y a eu la vie dans la rue. Il y a eu la peste. Il y a eu la guerre. Il y a eu la magie… Prévôt a survécu.
Il règne désormais sur le quartier de Basse-Fosse, dealant pour les faibles comme pour les puissants, rappelant à l’ordre de manière définitive les inconscients qui viendraient empiéter sur son territoire. Pourtant, plusieurs enfants sont retrouvés morts. Pas question pour Prévôt de laisser ces crimes impunis, d’autant que les agents de la Couronne ne semblent pas pressés de résoudre l’affaire.
Mais qui, du meurtrier ou de Prévôt, connaîtra le baiser du rasoir ?

Mon avis : Un livre de Fantasy d'un auteur inconnu qui n'a qu'un tome et pas 20 comme la plupart des séries abrutissantes, voilà qui m'intrigue (après recherche à la fin de ma lecture pour rédiger ce billet, il semble qu'il s'agisse du premier volet d'une trilogie : cela ne se sent pas du tout et c'est très agréable !). Et quand, en regardant la quatrième de couverture, je m'aperçois que l'histoire ne nous raconte pas les aventures de gamins qui se découvrent être les sauveurs du monde avec leurs pouvoirs spéciaux, je suis intéressé. De la littérature fantasy un peu plus adulte, ça ne peut pas faire de mal non ?

Alors allons-y : le livre est assez court et le scénario un peu prévisible mais l'ambiance est la grande force de ce roman. L'auteur réussit à nous décrire une époque qui ressemblerait à notre XVIIème siècle: une noblesse dominante, opprimant une plèbe vivant dans des quartiers où règne la fange et la déchéance ; de grandes guerres de domination entre des empires imaginaires ; des grandes épidémies de peste ; une magie qui peut guérir, détruire ou attirer le mal...

Le personnage principal est très attachant malgré son côté un peu stéréotypé de criminel au grand cœur, torturé par son passé et abusant de substances illicites. Oui, tout ça ! Malgré ces clichés, on se laisse porter par ses aventures, alternant violentes altercations et enquêtes. L'auteur utilise la mélancolie latente de Prévôt pour nous offrir des passages tout en langueur et des flashbacks précisant certains points de l'histoire. En bref,  une atmosphère presque onirique qui m'a bien plu. J'aimerais voir Daniel Polansky s'engager par la suite dans un récit plus ambitieux en gardant ces qualités de ciseleur d'ambiance et en continuant d'éviter les travers habituels des séries de fantasy.

Au prochain opus donc et merci aux éditions Folio pour cette découverte.

3 commentaires :

Kllouche a dit…

J'avais un peu peur de tomber dans de la fantasy "bateau". Les derniers livres que j'ai lu ne m'ont pas emballée parce qu'ils étaient trop prévisibles et/ou suivaient le schéma classique de la fantasy. A la lecture de ton avis, je pense que celui-ci manque un peu d'originalité.

La chèvre grise a dit…

@ Kllouche : c'est sur ce que celui-ci tient surtout pour l'ambiance !

gruikman a dit…

Je confirme ce n'est pas d'une grande originalité mais ça se lit très bien! Un livre pour les vacances je dirais mais c'est sûr que tu n'en garderas pas un grand souvenir! En livre unique, j'ai lu de meilleures oeuvres d'écrivains français l'an dernier...