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01 mars 2014

Bécassine revient [Jean Trubert et Camille François]

Les auteurs : Jean Trubert est le dessinateur des trois derniers albums de Bécassine parus, qui ne sont pas publiés par la semaine de Suzette. Pour Bécassine revient, il est accompagné au scénario de Camille François.

L'histoire : Après la disparition de la marquise de Grand-Air, Bécassine est retournée à Clocher-les-Bécasses et s'occupe de son oncle Corentin. C'est là qu'un courrier va la trouver, pour lui apprendre qu'elle a hérité d'une demeure à Paris de la part de son ancienne maîtresse.

Mon avis : Je vous parlais il y a quelques temps de ma collection de Bécassine. Récemment, on m'a offert un album que je n'avais pas. En fait, il ne fait pas partie de la collection originelle, puisqu'il n'a pas été écrit par Caumery et Pinchon mais par Jean Trubert et Camille François.

En 1953, le père de Bécassine Joseph-Porphyre Pinchon meurt à 82 ans. A ce moment, Bernard Moreau rachète la maison d'édition qui publie la célèbre bretonne. Influencé par les États-Unis, il veut dépoussiérer les publications du catalogue. Si Hergé, père de Tintin,  est un temps présenti, c'est Trubert qui est finalement choisi, d'autant que Pinchon lui-même l'avait désigné pour lui succéder.

Cédant aux nouveaux codes de la bande dessinée belge, Trubert fait, ô sacrilège, une bouche à Bécassine, détail nécessaire pour supprimer le texte sous les images et passer à la modernité avec des bulles. La bande dessinée perd ainsi un côté de tendre caricature qui lui allait bien. L'illustration elle aussi change. Je l'ai trouvé moins riche, plus classique. Les couleurs pastelles et délicates disparaissent. A l'inverse, l'image gagne en mouvement et en action.

Les textes participent du même allant, faisant preuve de modernité et des préoccupations de l'époque. Nous sommes au début des années 60, c'est l'éclosion des bandes de copains qui font de la musique (boys bands avant l'heure), le disque microsillon fait son apparition et révolutionne l'industrie du disque, la vespa est sur les routes... Autant de nouveautés qui encrent fortement l'histoire dans une réalité plus si lointaine que les albums précédents.

J'ai moins apprécié cet album dans lequel je n'ai pas retrouvé Bécassine telle que je me la remémore. Elle garde pourtant toute sa naïveté et son grand cœur. Mais elle m'est apparue trop moderne.

2 commentaires :

Lilibook a dit…

J'ai une collection de Bécassine, j'ai arrêté depuis mais j'ai gardé ma collection. Cela va des albums qui datent de 1920 1950, etc, aux objets en édition limitée. Je ne sais pas pourquoi je me suis attirée vers ce personnage BD ;-) par contre, je n'ai jamais regardé cet album de près.

La chèvre grise a dit…

@Lilibook : je ne sais pas trop pourquoi étant enfant je me suis moi aussi attachée à ce personnage. Cet album ci est tout à fait dispensable à mon sens, hormis pour l'aspect évolution de la BD. Si on ne me l'avait offert, je pense que je me serais arrêtée à la première série.