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15 mars 2014

La voleuse de livres [Markus Zusak]

L'auteur : Né en janvier 1975 à Sidney, Markus Zusak est un enseignant et écrivain australien, né d'un père autrichien et d'une mère allemande. Ce roman a tout récemment été adapté au cinéma.

L'histoire : Narratrice dotée d'un humour noir, sarcastique mais compatissant, la Mort est témoin de la folie des hommes. Face à Liesel Melinger, l'enfant rebelle qu'elle a surnommée la "voleuse de livres", elle accepte de changer les règles. Trois fois cette fillette à croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est-ce sa force qui l'a sauvée ? Ou le secret qu'elle préserve comme le plus précieux des trésors ?

L'histoire de Liesel peut changer la vie de celui qui la lit...

Mon avis : La blogosphère regorge d'avis positifs sur ce roman. Je l'avais donc mis dans ma LAL et, pour mon anniversaire, mes amies me l'ont offert. Il était d'autant plus évident dans ma liste qu'une adaptation fait grand bruit en ce moment.

J'avoue ne pas avoir compris l'intérêt de poser la Mort en narratrice, si ce n'est un tour visant à intriguer. Certains crient à l'originalité, moi je l'ai ressenti comme une astuce pour justifier un style lourd. Car celui-ci ne m'a pas du tout convaincue. Il faut passer outre, mais avouez que sur plus de 500 pages c'est assez compliqué. D'autant que je n'ai pas du tout suivi les métaphores sur les couleurs et les sons. Et le ton est faussement détaché sous prétexte de cynisme, qui n'en est pas tellement puisque la Mort reconnaît une forme d'attachement à cette petite fille si pleine de vie et qui la défiera par trois fois. Tout cela freine grandement mon adhésion à ce récit, qui aurait pourtant eu toutes les cartes pour m'emporter.

La guerre, la passion des mots, l'amour, la mort, la haine, le fanatisme, le courage et la solidarité, tout cela s'imbrique pour tisser une histoire émouvante. L'horreur se devine par moment mais reste en dehors du cadre la plupart du temps. Et c'est en fait à un roman d'apprentissage que le lecteur est confronté. Liesel Meminger est confiée à une famille adoptive car ses parents sont communistes. Au cœur de l'Allemagne nazie, il vaut mieux être prudent, alors sa mère biologique va tenter de sauver ses enfants en les confiant à d'autres. Liesel va donc grandir, au 33 Himmel Strasse dans une petite ville près de Munich, en faisant attention et en apprenant à taire ce qu'elle ressent. Ou au moins à être attentive à qui elle parle. Car les mots ont un grand pouvoir, comme elle le découvre. Ils sont les témoins des tristesses et des joies, des grandes douleurs et des petits bonheurs si chers. Son père adoptif qui joue de l'accordéon, sa mère adoptive qui l'insulte tendrement, Max qui se bat grâce à elle, Rudy toujours à ses côtés.

L'idée de se positionner du côté des civils Allemands, de ceux qui ont laissé faire ou n'ont pas pu intervenir, est assez originale. Cela rappelle, surtout dans les temps actuels, que les généralités sont dangereuses. Oui, tous les Allemands n'étaient pas mauvais. Du coup, les personnages qui entourent Liesel sont attachants. Mais cela manque un peu d'analyse et tend à expliquer pourquoi ce roman est parfois mis dans la catégorie littérature de jeunesse. L'auteur montre bien que l'humain est capable du pire comme du meilleur mais de façon assez grossière.

Comprenons nous bien, j'ai été émue à la fin de ce roman, comme beaucoup, car Liesel est une force de la nature attachante. L'intérêt qu'elle porte aux livres, la fascination même, ne peut que parler à une livraddict. Mais le parti pris de la narration, si ce n'est le style de l'auteur, ne m'a pas permis d'adhérer totalement.

Je fais entrer cette lecture dans le challenge Petit Bac 2014 d'Enna, catégorie Objet.


8 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je garde un très bon souvenir de cette lecture. Mais pour le moment, le film ne m'attire pas.

Loesha a dit…

Bon, en demi-teinte quoi... On fera mieux l'an prochain en cadeau ! :D

Valérie a dit…

Je te rejoins, je n'ai pas été séduite non plus.

CarnetParisien a dit…

Un avis mitigé que je partage !!

Manu a dit…

Moi, je fais partie de celles qui ont adoré ce roman. Mais comme Alex, le film ne me tente pas.

La chèvre grise a dit…

@ Alex MOt-à-Mots : très mitigée sur cette lecture, le film ne me tente vraiment pas.

@ Loesha : mais vous avez très bien fait cette fois-ci puisque je voulais le découvrir !

@ Valérie, CarnetParisien : heureuse de voir que sous se déluge d'avis ultra-positifs, je ne suis pas là seule :-)

@ Manu : Peur d'être déçue et de gacher ton souvenir ou pour une autre raison ?

Gaby a dit…

Je ne suis pas la seule à avoir été agacée par les prises de risque stylistiques de l'auteur. J'ai trouvé les interruptions pénibles et les fils rouges assez voyants. C'est bien dommage.

Camilla a dit…

Pour ma part, ce roman m'a beaucoup plu ;) Même si la mort en tant que narratrice peut sembler être un style "étrange" et même destabilisant :) Mais je trouve que cela fait son originalité! :)