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21 mars 2014

L'île des chasseurs d'oiseaux [Peter May]

L'auteur : Né en décembre 1951, Peter May est un scénariste de télévision et romancier écossais habitant en France.

L'histoire : Marqué par la mort récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis car un meurtre vient d'y être commis selon la même mise en scène que celui sur lequel il enquête à Edimburg.

La tempétueuse île de Lewis, au nord de l'Écosse, semble sortie d'un autre temps : on se chauffe à la tourbe, on pratique le sabbat chrétien, on parle la langue gaélique. D'autres traditions particulières y perdurent, comme cette expédition organisée chaque été, qui conduit un groupe d'hommes sur l'îlot rocheux inhospitalier d'An Sgeir où ils tuent des milliers d'oiseaux nicheurs destinés à la consommation.

Dix-huit ans auparavant, Fin a participé à ce périlleux voyage initiatique. Il a ensuite quitté l'île et n'y est jamais revenu. Retourner là-bas, c'est retrouver un ami d'enfance, un premier amour, quelques camarades d'école de sinistre mémoire ; c'est surtout prendre le risque de laisser surgir les souvenirs, de découvrir à quel point on n'a rien oublié...

Mon avis : Voici un roman qui m’a été très chaudement recommandé. Au point qu’il m’a été impossible de ne pas me précipiter dans une librairie pour l’acheter puis le commencer. Soyons clairs : il ne s’agit pas tant d’un roman policier haletant, que d’un roman d’ambiance drôlement bien ficelé. L’enquête pour le meurtre d’Ange Macritchie n’est au final qu’un prétexte pour découvrir l’histoire de Fin, jeune inspecteur écossais originaire de l’île de Lewis. En quittant Edimbourg pour revenir sur son île natale, il va se confronter à ce passé qu’il a fui depuis près de 18 ans. La rigueur protestante, le climat abominable, le gaélique, la nature dangereuse et les traditions, tout cela forme un poids immense à porter pour un jeune garçon qui n’a pas été épargné par la vie.

Les descriptions sont très travaillées, parfois trop peut-être, et j’avoue avoir de temps en temps lu en diagonale. Mais je n’ai pas hésité à d’autres moments à me plonger dedans avec délice pour ressentir le vent me fouetter le visage ou la pluie me glacer jusqu’au sang, sur cette île où la vie est si rude. Pour y vivre et y être attaché, il faut y être né. Car les habitants sont tous rongés par le chômage ou l’alcoolisme, sans guère d’espoir de partir de ce bout de caillou qui est leur seul horizon. Cela n’empêche absolument pas d’apprécié le décor de ce récit très bien mené et qui attrape son lecteur dès les premières pages.

Par le biais de chapitres flashbacks racontés à la première personne, le voile se lève petit à petit sur Fin et le pourquoi de son sentiment de culpabilité si bien rendu. Je le disais, l’enquête criminelle est assez anecdotique au final, mais cela ne gâche en rien l’intérêt du récit. Peter May créé une narration en écho, où les récits de deux époques différentes se répondent.

Je n’ai pas envie de trop en dire car il n’y a qu’une seule chose à faire : le lire ! On me prédisait qu’avant les dernières pages, je me précipiterais en librairie chercher les deux tomes suivants de cette trilogie. Pari gagné !
Je fais entrer cette lecture dans le challenge Petit Bac 2014 d'Enna, catégorie Animal.


8 commentaires :

Nane a dit…

J'ai moi aussi adoré l'atmosphère de ce roman. Hâte de lire la suite de la trilogie.

La chèvre grise a dit…

@ Nane : ils sont déjà commandés donc une lecture pour bientôt ! Il y a un petit côté ambiance-prenant-le-pas-sur-l'enquête qui me fait penser à Ellory et son "Seul le silence".

Nane a dit…

Oui, c'est vrai. Moi ça m'a rappelé des paysages d'Ecosse... ou même de Bretagne sous le mauvais temps.

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'ai beaucoup aimé ce premier volet de la trilogie. J'ai hâte d élire la suite, déjà parue.

La chèvre grise a dit…

@Alex Mot-à-mots : les deux suivants viennent juste d'arriver chez moi !

Nicolas a dit…

Les qualités de ce roman sont indéniables (ambiance, style, construction), mais elles sont à mes yeux parasitées par les longueurs réelles du récit, qui ont fini par me lasser...

Manu a dit…

Je viens de me l'offrir et de le faire dédicacer au salon du livre ! Contente de voir que ta chronique est positive.

La chèvre grise a dit…

@ Nicolas : je les ai plus vécues comme la création d'une ambiance.

@ Manu : tellement positive que j'ai déjà le 2 et le 3 dans ma PAL ! Ce qui n'empêche que celui-ci peut être lu seul.