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14 avril 2014

Manabé Shima [Florent Chavouet]

L'auteur : Florent Chavouet, né en février 1980, est un dessinateur français. Séjournant régulièrement au Japon, il a tiré de ses voyages deux bandes dessinées dont voici la deuxième (le hasard a fait que je n’ai pas commencé dans l’ordre !) Manabé Shima, qui a été sélectionnée pour le Festival d’Angoulême en 2011.

L'histoire : Le Japon est tellement une île qu'il est un archipel. Dans le catalogue japonais, on trouve des îles industrielles, des îles artificielles, des îles sacrées, des îles musées, des îles formol, des îles atoll, des îles balnéaires, des îles bleu-vert, des îles sauvages, des îles sans âge, des îles connues, Shikoku, et même des îles où l'on pêche et l'on boit.
Parmi ces miettes de terre, il y a Manabeshima, une île dont on parle peu, mais où poussent très bien les poissons.

Mon avis : J’ai découvert l’auteur et ses deux romans graphiques – carnets de voyage lorsque je travaillais dans une grande banque française où une demoiselle, Loesha pour ne pas la nommer, me les a fait découvrir. J’ai tout de suite été attirée par le parti pris original de narration et de perspective dans le dessin. Par contre, n’étant pas forcément une inconditionnelle du Japon, j’hésitais beaucoup. Jusqu’à ce qu’il soit offert lors d’un pot de départ et que j’ai l’occasion de le feuilleter longuement.

Dans Manabé Shima, c’est dans le Japon intime et profond, pittoresque et absolument pas touristique que nous convie Florent Chavouet. Nous sommes loin de la surpopulation de Tokyo. L’île qui se trouve dans la mer intérieure de Seto, ne compte guère plus de 300 habitants d’après Wikipédia. L’auteur a décidé d’y passer deux mois et de vivre au plus près des habitants pour partager leur quotidien. Il nous présente les dessins issus de ce séjour. D’anecdotes en présentations des personnages et des lieux, en passant par quelques histoires un peu plus construite, c’est par un trait tout en rondeur et haut en couleur que Florent Chavouet attrape son lecteur. On y sent du vécu et de l’

Il ne faut pas hésiter à attraper le livre à deux mains et à le retourner, à pencher la tête, pour bien lire le moindre détail de ces dessins si riches et si colorés. La lecture est du coup forcément plus lente et longue qu’une simple bande dessinée. Il faut prendre son temps pour se laisser porter et apprécier. Les perspectives peu orthodoxes utilisées, comme en plongée immersive, donne une sensation de vie impressionnante.

Peu familière des personnages et de leur nom, j’ai parfois eu un peu de mal à les distinguer. Il n’empêche que chacun à sa façon est attachant. Plongé parmi eux, le lecteur français est fortement dépaysé. Les relations entre chacun sont bien posées : aller à la pêche au crabe par exemple, ou faire un tour au temple. Et les pages expliquant la façon de vivre ou la nourriture participent aussi à l’exotisme. Le côté voyageur occidental qui découvre une culture inconnue est vraiment bien rendu.

Un roman graphique qui ravira ceux qui rêvent de partir au Japon, mais aussi ceux qui aiment tout simplement être dépaysé. Une sorte de guide touristique nouvelle génération qui prônerait non pas la visite des lieux les plus connus ou représentatif mais au contraire de se poser et de prendre le temps de vivre comme les autochtones.

2 commentaires :

Loesha a dit…

Ah tu l'as enfin lu :)
Maintenant il faut que tu te plonge dans "Tokyo Sanpo", son premier livre !

La chèvre grise a dit…

@ Loesha : déjà fait, et sans spoiler mon futur billet, j'ai préféré celui-ci, plus tendre et attaché aux personnes.