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15 juin 2014

Ce que disent les morts [Philip K. Dick]


L'auteur : 3 ans après ma lecture commune avec Loesha de Ubik, je retrouve Philip K. Dick pour une nouvelle publiée dans Worlds of Tomorrow en juin 1964. Par la suite, elle a été ajoutée au recueil de nouvelles Minority report et autres récits.

L'histoire : Cryogénisé à sa mort, le très puissant et richissime Louis Sarapis n'a pu être ranimé ; pourtant, il continue à diriger son entreprise et à intervenir dans la vie politique américaine ! Impossible de téléphoner, d'écouter la radio, de lire le journal ou d'allumer la télévision sans entendre ses paroles venues de l'espace…

Mon avis : Voici un roman Dickien, ou plutôt une grosse nouvelle, qui me laisse dubitative. J’ai su y reconnaître les thèmes si chers à l’auteur de SF, comme la drogue ou la paranoïa, thèmes qui font forcément écho à sa vie personnelle. J’ai également reconnu le concept de semi-vie, qu’on retrouve dans certains de ses romans. Un très fort sentiment familier donc, émane de cette nouvelle, notamment pour ceux qui ont lu Ubik. Mais j’ai été gênée par le manque d’intrigue.

Le lecteur est propulsé dans sa lecture directement au moment de la commémoration funèbre de Louis Sarapis, un riche homme d’affaires. Johnny Barefoot, son chargé de relation, doit veiller à ce que tout se déroule comme prévu. Sarapis doit être ramené à l’état de semi-vie. Mais, alors que sa fille, ancienne droguée, revient d’une lointaine planète, le funérarium n’arrive pas à brancher Sarapis.

Johnny Barefoot fait un peu penser au lecteur lui-même, perdu dans ce monde chaotique dont on ne comprend plus la structure. Barefoot essaie désespérément de se raccrocher à ce qu’il connait et maîtrise. Ici, le lecteur, s'il est un peu connaisseur des autres œuvres de Philip K. Dick, saisit les concepts, mais la structure de l’histoire est vraiment particulière. Du coup, je n’ai pas compris ce que l’auteur cherchait à mettre en avant ou dénoncer. J’ai eu l’impression de lire une sorte de brouillon d’Ubik. Et la fin, qui nous plante en plein milieu d’une action, n’aide pas à vaincre ce sentiment.

Pas le meilleur pour découvrir l'auteur, à mon sens.

3 commentaires :

Cachou a dit…

Je l'ai lu il y a très longtemps celui-là, comme une curiosité plus qu'autre chose parce qu'en effet, comme tu l'as ressenti, cette nouvelle a été développée plus tard en ce qui reste un de mes Dick préférés, "Ubik" donc. Je t'avoue ne rien avoir gardé de celle-ci si ce n'est la voix omniprésente.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Ca a l'air un peu brouillon, d'après ton ressenti.

La chèvre grise a dit…

@ Cachou : oui, je pense que je ne m'en souviendrai rapidement plus. J'ai même été plus marquée par ma lecture de "Maître du Haut-Château" que par "Ubik". Sûrement parce que je découvrais l'uchronie.

@ Ale Mot-à-Mots : oui, tout à fait.