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21 juillet 2014

L'homme qui marchait sur la lune [Howard McCord]

L'auteur : Né en 1932, ancien professeur à l'université, Howard McCord est un auteur américain. Auteur de nombreux recueils de poésie et récits, L'homme qui marchait sur la lune est son unique roman.

L'histoire : Qui est William Gasper, cet homme qui depuis cinq ans arpente inlassablement la Lune, une "montagne de nulle part" en plein coeur du Nevada ? De ce marcheur solitaire, nul ne sait rien. Est-il un ascète, un promeneur mystique, un fugitif ? Tandis qu'il poursuit son ascension, ponctuée de souvenirs réels ou imaginaires, son passé s'éclaire peu à peu : ancien tueur professionnel pour le compte de l'armée américaine, il s'est fait de nombreux ennemis. Parmi lesquels, peut-être, cet homme qui le suit sur la Lune ? Entre Gasper et son poursuivant s'engage alors un jeu du chat et de la souris.

Mon avis : Il faut que je vous dise. A mon boulot, j'ai un chef qui aime lire. Alors forcément, nous parlons souvent livres. Et comme il est fan de la maison Gallmeister, il m'en conseille souvent certains titres. Il a tellement insisté sur ce petit livre-ci, que je n'ai pu résister et le lire dans la foulée.

Le problème c’est que je ne me sens pas particulièrement attirée par le nature writing. Et, sans vouloir résumer ce genre à ce seul livre, après ma lecture, je continue à penser que ce n’est pas fait pour moi.

Le narrateur, William Gasper, est un être solitaire. Il connait par cœur la Lune, cette montagne située dans le Névada, qu’il a arpenté à de nombreuses reprises depuis 5 ans. Il y marche encore une fois et nous raconte qu’il se sent suivi, par une femme et un homme, tous les deux armés et dangereux. Entre deux descriptions de sa marche et de son environnement, des digressions nous donnent à voir de petits bouts de sa vie. Souvenirs réels ou imaginaires ? Le lecteur ne saura jamais vraiment. Il n’empêche que bien vite, la santé mentale du personnage est questionnée. Il n’est pas un simple marcheur, un peu baba cool. Il a été un assassin professionnel. Il sait survivre en milieu hostile, y prend même du plaisir, se contente de peu. Et pourtant, il voit Cerridwen, déesse galloise de la mort et de la fertilité et un homme qu’il identifie comme son serviteur et qu’il appelle le chat Palug.

Entre roman naturaliste, conte philosophico-lyrique, polar, ce livre ne se limite à aucune case. Bourré de références bien qu'autodidacte, Gasper s’appuie dans son récit aussi bien sur la mythologie, la philosophie de Kierkegaard ou les valeurs morales d’une société prête à condamner un meurtre qu’elle peut justifier par ailleurs quand ça l’arrange. L’homme est un nihiliste.

Le style d’Howard McCord est un savant mélange d’horreur et de poésie. Mais j’avoue avoir été davantage intéressée par les souvenirs de William Gasper, qui semblent les éléments les plus réels du récit, que par la description de sa marche sur cette montagne et de ses sensations, déstabilisantes pour le lecteur, lorsqu'il observe ses poursuivants.

Enfin, j’ai eu l’impression d’un récit sans queue ni tête. Si j’aime parfois me laisser porter et surprendre par un récit, j’aime aussi réussir à reconstituer une trame. C’est ce qui me manque ici. Je ne sais pas pourquoi l’histoire se termine ainsi, ni pourquoi Gasper nous a convié dans sa tête à cet instant de sa vie. Est-il fou ? Qui est cette femme ? J’accepte parfois de rester sans réponse à toutes les questions que je me pose lors d’une lecture mais il faut tout de même que je comprenne un minimum du récit proposé par l’auteur. Ce n’est pas le cas ici, et, du coup, si je reconnais l’originalité dérangeante de l’œuvre, je ne suis certaine de vite l’oublier.


L'homme qui marchait sur la lune, de Howard McCord
Traduit par Jacques Mailhos
Gallmeister
Mars 2011

7 commentaires :

Enigma a dit…

Une maison d'édition que j'ai très envie de découvrir! =)

La chèvre grise a dit…

Il y a pas mal de titres tentants. Je réessaierai.

zarline a dit…

Aie aie, un livre que j'ai dans ma PAL depuis plusieurs mois. Je suis plutôt branchée nature writing mais pas du tout conte philo-socio-mystico-etc. Ton billet m'inquiète un peu mais si je me rappelle bien, il est plutôt court ;-)

keisha a dit…

Un roman un peu bizarre, en effet, heureusement pour moi il y avait le côté nature...(et un poil de suspense)J'aime cette maison d'édition, mais n'ose pas te vanter ses sorties nature... ^_^ Quoique Le feu sur la montagne, par exemple, de ce cher Abbey, ça pourrait fonctionner.
Dis le bonjour à ton chef de ma part, je parie qu'on a eu les même lectures de chez Gallmeister...

La chèvre grise a dit…

@ zarline : oui, il est vraiment tout petit, ne t'inquiète pas !

@ keisha : depuis, j'en ai reparlé avec mon chef et "Little Bird" de Craig Johnson s'est ajouté à ma PAL. Si je n'accroche pas non plus à cette lecture, je pense que je laisserai de côté cette maison d'éditions pour quelques temps du moins.

Electra a dit…

J'adore cette maison d'édition ! Je collectionne leurs titres (nature writing "Totem" et policiers).

Je pourrais t'en conseiller, j'ai vu celui-là mais je l'ai pas encore lu..

Gallmeister édite des pépites !

Sharon a dit…

Je suis en train de le lire. Et j'ai un peu de mal.