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30 octobre 2014

Le puits [Iván Repila]

L'auteur : Iván Repila, né en 1978, est un auteur espagnol, après avoir longtemps travaillé dans la publicité et l'édition. Il signe avec Le puits son premier roman.

L'histoire : Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d'un puits de terre, au milieu d'une forêt. Ils tentent de s'échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d'y toucher. Jour après jour, le Petit s'affaiblit. S'il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il ? Le Grand survivra-t-il ? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?

Mon avis : Il me semble qu’il y a beaucoup de choses dans ce petit roman d’une centaine de pages. En décortiquant l’essence même de l’humanité, Ivan Repila ne pouvait proposer qu’une œuvre à la fois simple et riche. Je crains du coup d’avoir été quelque peu noyée sous cette richesse : ce qui fait l’humain, la force de l’esprit, celle de l’amour, la vengeance comme moteur ultime de survie. L'humain est tellement complexe.

Le récit est raconté comme un conte : directement centré sur les personnages principaux, sans prénom ni nom propre, lieu géographique ou date, cette histoire se veut universelle. Et bien sûr, le merveilleux est là. Le Grand et le Petit sont au fond du puits. Pourquoi et comment ? Ces premières questions qui taraudent le lecteur ne sont pas le propos. Et les tentatives pour sortir du puits ont toutes échouées. La survie s’organise, les jours succèdent aux nuits. Les corps puis les esprits se dégradent. Quand donc passeront-ils la frontière qui distingue l’Homme de l’Animal ? Quand s’avoueront-ils brisés et lâcheront-ils prise ? Ce n’est pas individuellement qu’ils restent des êtres humains, mais plus par leurs interactions, par le regard de l'autre : l’amour fraternel en sauveur de l’humanité.

Heureusement de courte durée, la lecture est éprouvante. Car l’écriture de Repila retranscrit parfaitement ce que les corps et les esprits des deux protagonistes subissent, mettant le lecteur à rude épreuve. Un sentiment de malaise ne le quitte pas, s’ajoutant aux thèmes très sombres de l’histoire. Seule la fin suggère une petite lueur d’espoir.

Où comment un homme peut être à la fois source du meilleur comme du pire…

Merci aux éditions Denoël pour ce titre si particulier.

Et en plus, ce roman me permet de compléter ma catégorie Bâtiment du challenge Petit Bac d'Enna.



Le puits, de Iván Repila
Traduit par Margot Nguyen Béraud
Denoël
Septembre 2014

4 commentaires :

de-pages-en-pages a dit…

J'ai hésité à le prendre mais j'avoue que ton avis me fait un peu peur, je suis pas sur d'aimé le coté éprouvant du livre :)

La chèvre grise a dit…

@ de-pages-en-pages : c'est une lecture qui ne s'oublie pas. Après... faut accepter de se laisser malmener quelque peu pendant une petite centaine de pages.

Alex Mot-à-Mots a dit…

La lecture est éprouvante ? Alors non, pas en ce moment pour moi.

c'era una volta a dit…

Je suis tombée par hasard sur ce titre sur LA et je suis maintenant curieuse de m'y confronter.

Ce n'est pas que j'aime les lectures qui heurtent (enfin si quand même un peu) mais je vois la réflexion que ça peut amener et ça, ça me plaît.