ShareThis

27 octobre 2014

Trente-six chandelles [Marie-Sabine Roger]

Après son roman Bon rétablissement, d'ailleurs adapté au cinéma avec Gérard Lanvin, voici le tout dernier Marie-Sabine Roger, sur lequel je me suis précipitée.

L'histoire : Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l'heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans.

La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?

Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d'une malédiction familiale ?

Entre la saga tragique et hilarante des Decime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un Mortimer finalement résigné au pire.

Mais qui sait si le Destin et l'Amour, qui n'en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ?

Mon avis : J'ai l'impression de radoter à chaque billet que je rédige sur un roman de Marie-Sabine Roger. C'est que ses romans, malgré des thématiques différentes, sont tous identiquement des bulles de tendresse et de joie de vivre. C'est bourré d'humanité et d'émotion. Mortimer est un personnage un peu bizarre du fait de la malédiction qui pèse sur sa famille. Mais il est aussi terriblement attachant. Refusant de faire souffrir une femme et des enfants en les quittant inexorablement à son 36e anniversaire, il préfère se refuser toute vie de famille.

Le charme de la plume de Marie-Sabine Roger fait encore une fois mouche. Elle a le chic pour les tournures, parfois pleines d'humour, toujours justes et tendres, comme ces mots de la bouche de Mortimer pour décrire sa rencontre avec Jasmine :

"Il y a des jours, comme ça, qui changent en jour d'avant tous ceux qui ont précédé, et font des jours d'après de tous ceux qui suivront."

Et le soin tout particulier que l'auteur porte à ses personnages secondaires ajoute à la qualité de ce roman. Paquita et Nassardine forment un couple qui a du traverser son lot d'épreuves mais aime la vie comme peu ose le faire. Car la question est bien là : dans le temps qui nous est donné, qu'il soit connu ou non, que faisons-nous ? Le choix nous appartient de rester sur le bas-côté à regarder la vie passer ou de la croquer à pleine dent et d'oser.

En cette période où la grisaille et le froid arrivent alors que nous n'avons quasiment pas eu d'été, ce roman vous tiendra chaud au cœur.

Trente-six chandelles, de Marie-Sabine Roger
Le Rouergue
Août 2014

5 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je me le garde pour cet hiver sous la couette, alors.

XL a dit…

à moi aussi il fait de l'oeil depuis que grâce à toi j'ai découvert l'auteur

dasola a dit…

Bonjour, ce roman est un délice de lecture. Il donne la "pêche". Lu en avant-première en juin. Bonne journée.

keisha a dit…

Je viens de le dévorer!
Comment ça, pas d'été? OK pour aout, mais alors, septembre et octobre, c'était drôlement bien, non? ^_^

La chèvre grise a dit…

@ dasola : oui, j'ai le même effet avec tous les romans de cette auteur.

@ kesiha : septembre, je suis pas trop d'accord. La fin octobre par contre, oui, bizarrement, c'était quasi l'été :)