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19 novembre 2014

Le lièvre de Vatanen [Arto Paasilinna]

L'auteur : Né en avril 1942, Arto Paasilinna est un écrivain finlandais, autant de livres que pour le cinéma, la radio ou la télévision. Il a dans sa jeunesse exercé différents métiers comme bûcheron ou flotteur de bois, avant de devenir journaliste.

L'histoire : Vatanen est journaliste à Helsinki. Alors qu'il revient de la campagne, un dimanche soir de juin, avec un ami, ce dernier heurte un lièvre sur la route. Vatanen descend de voiture et s'enfonce dans les fourrés. Il récupère le lièvre blessé, lui fabrique une grossière attelle et s'enfonce délibérément dans la nature.

Mon avis : Est-ce parce que je ne suis pas une adepte du nature writing que ce roman ne m’a guère plus emballée que cela ? Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit mauvais et les sujets traités sont tous évocateurs, même 40 ans après.

Le lièvre de Vatanen est avant tout une ode à la nature. Avec un humour doux-amer, Paasilinna nous livre une fable écologique, où il n’y a pas d’intrigue mais plutôt une succession d’aventures cocasses, des tranches de vie. En s’enfonçant dans la forêt, son lièvre sous le bras, Vatanen entraîne le lecteur dans la découverte de la Finlande, du Sud au Nord, de ville-mégalopole en petite cabane dans les bois. C’est une vraie découverte de la géographie du pays et la carte en début de livre est une bonne idée pour permettre au lecteur de suivre la progression des protagonistes.

De nombreux thèmes relatifs à la Finlande sont abordés : le rapport à la nature et aux animaux (le lièvre bien sûr, la vache qui vêle, l’ours, le corbeau) ; la politique et les religions ; la solitude si difficile à acquérir (Vatanen est perpétuellement dérangé dans sa retraite). Vatanen se défait davantage de son ancienne vie au fur et à mesure qu’il remonte vers le Nord. C’est un voyage sans retour, comme le montrera son passage à Helsinki vers la fin du roman.

Je parlais d’humour doux-amer, car les scènes prêtes à faire sourire mais il y a toujours une forme de douleur présente. Comme un empêchement à être heureux car l’être humain porte en lui-même à la fois du bon et du mauvais. Pour être touchée, j’aurais aimé soit plus de tendresse pour les personnages dans l’écriture de Paasilinna, soit plus de drôlerie dans les aventures. Et je constate l'auteur a le parcours exactement inverse de Vatanen, à croire qu'il regretterait presque sa vie.

Le lièvre de Vatanen, d'Arto Paasilinna
Traduit par Anne Colin du Terrail
Folio
Février 2009

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un lecture qui m'avait déçue. J'en attendais trop, je crois.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : Je n'en attendais pas grand chose, donc du je ne suis pas déçue, juste pas convaincue :)

nathalie a dit…

Parmi les éléments finlandais, il faut noter surtout la course poursuite avec l'ours (la Russie) qui ne vient pas par hasard, ainsi que le délire sur le président qui ne change pas (qui s'inspire de blagues sur un ancien inamovible président finlandais).
Sinon je pense avoir un ressenti assez proche.

La chèvre grise a dit…

@ Nathalie : oui, le passif avec la Russie s'entend tout à fait. Par contre, le délire sur le président est beaucoup plus difficile à comprendre pour un non-finlandais.