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19 janvier 2015

Nom de code : Verity [Elizabeth Wein]

L'auteur : Née en octobre 1964, Elizabeth Wein est une auteur américaine.

L'histoire : Je n'ai plus que deux semaines à vivre. Après, vous m'exécuterez. Car la mort est le sort que les nazis réservent à leurs ennemis, n'est-ce pas ? Et j'ai été prise en flagrant délit d'espionnage... Je n'ai pas d'autre choix que de livrer tout ce que je sais. Je ferai tout, absolument tout pour éviter un nouvel interrogatoire du capitaine SS von Linden.

Tout a commencer le jour où j'ai rencontré mon amie Maddie. C'est elle, le pilote qui m'a conduite jusqu'ici. Folles que nous étions, nous avons tenté d'envahir la France à nous deux.

Nous formions alors une équipe du tonnerre.

Mon avis : Deux jeunes femmes britanniques font connaissance, se lient d'une très forte amitié et vont vivre l'aventure de la seconde Guerre mondiale ensemble. L'opération Verity va être particulièrement difficile. L'auteur fait le choix de nous la raconter en deux parties, tenues comme un journal. La première par Queenie, jeune aristocrate qui parle parfaitement plusieurs langues et devient donc un agent sur le terrain en France ; la seconde par Maddie, une pilote qui combat à sa manière, en transportant les agents d'un point à un autre de l'Angleterre. Par un concours de circonstances, elle va devoir transporter son amie jusqu'à Ormaie, en France.

Premier souci, le côté littérature de jeunesse est un peu trop perceptible : les violences subies par Queenie sont très (trop ?) légèrement évoquées, les horreurs des camps et de la Gestapo également.  Du  coup, à moins de savoir exactement de quoi il est question, il est difficile de sentir la pression et la douleur subies par les deux amies. Et comme Queenie est du genre à cacher sa souffrance derrière une façade d'optimisme et de joie de vivre, il peut être compliqué pour un jeune lecteur de comprendre ce qui se passe en réalité.

Ensuite, la première partie, qui représente tout de même près des deux-tiers du roman, est assez longue et pleine de détails qui semblent souvent inutiles au lecteur. Cela alourdit passablement la lecture. Des éléments trouvent leur justification, et pour certains, j'ai même trouvé que c'était un peu trop évident et facile (comment von Linden peut-il ne pas tiquer aux bizarreries typographiques de Queenie ?). D'autres, comme les détails sur tous les avions, sont beaucoup plus secondaires. On sent bien que l'auteur a une passion pour ce sujet mais elle est maladroitement transmise au lecteur.

La seconde partie est beaucoup plus intéressante : on suit Maddie dans sa lutte quotidienne avec des membres de la Résistance. Maddie est un personnage attachant. Elle doute, mais elle est plus forte qu'elle ne le croit. Par amour pour son amie, elle va se dépasser et prendre des responsabilités qu'elle était loin d'envisager.

Par contre, j'ai particulièrement apprécié la référence faite aux familles de ces hommes et femmes qui partaient, ces êtres qui attendent le retour de leurs proches, sans rien savoir du risque qu'ils courent. L'image de la mère de Queenie gardant en permanence la fenêtre de la chambre de ses enfants ouverte m'a émue. On parle assez rarement de ce pan de l'Histoire, de ces parents qui ont donné la vie de leurs enfants pour une cause. J'ai aussi aimé le rapport à l'écriture : à la fois témoignage, journal, vision réelle ou trafiquée, moyen de rester vivant avant tout.

En bref, l'histoire est au final assez cousue de fil blanc. Je pense cependant qu'elle saura toucher les plus jeunes lecteurs, qui auront moins de références. Il ne faudra d'ailleurs pas hésiter à se renseigner davantage sur certains éléments historiques comme le fameux statut "Nacht und Nebel" et le camp de concentration peu connu de Natzwiller-Struthof. Et merci à Lelf qui m'a fait gagner ce roman.

Nom de code : Verity, d'Elizabeth Wein
Traduit par Marianne Durand
Castelmore
Juillet 2014

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un roman qui constituerai une sorte d'introduction au sujet.

Lelf a dit…

Il y a de beaux petits moments d'émotion en seconde partie. J'étais vraiment chamboulée sur la fin, ce qui fait que je garde un souvenir assez tendre de cette lecture. C'est dommage que la première partie ne soit pas à la hauteur.
Pour le côté historique je n'ai pas trop cherché, je savais que ce n'était pas "un roman historique" justement, du coup je ne m'attardais pas forcément sur les détails. C'est sûr que ça en fait plus un roman pour ados, mais pour le coup on mesure bien le ressenti de ces gens en guerre.
Bref, pas inoubliable, mais mignon ^^