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18 février 2015

Le journal de mon père [Jirô Taniguchi]

L’auteur : Après avoir adoré Quartier lointain de Jirô Taniguchi, mangaka né en août 1947, voici un manga antérieur, Le journal de mon père. Publié en français en 1999 et 2000 chez Casterman en 3 volumes, il est disponible depuis 2004 en une version intégrale. Ce manga a obtenu le prix œcuménique de la bande dessinée au Festival d’Angoulême en 2001.

L’histoire : Le héros de cette histoire s’appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l’a vu grandir. Au cours d’une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l’incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d’enfant… Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu’il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.

Mon avis : C’est avec un grand plaisir que je me suis plongée dans ce manga. En regardant un peu la vie de Jirô Taniguchi, on remarque que pas mal d’éléments de ce récit sont autobiographiques : l’époque, le père coiffeur, l’incendie de la ville, le laps de temps avant de retourner dans le nid familial… L’auteur semble s’être largement inspiré de ses souvenirs d’enfance à Tottori, tout comme pour Quartier lointain d’ailleurs, sans être pour autant un récit réellement autobiographique pour autant. Cela donne une vraie douceur à l’histoire, beaucoup d’émotions, mais tout en retenue.

L’histoire est simple, centrée sur les relations entre êtres humains, l’importance d’un animal de compagnie pour ne pas s’isoler complètement. Le tout est rythmé par des scènes de la vie quotidienne. Il y a un décalage profond entre les sentiments du narrateur, les souvenirs qu’il peut garder, et la réalité des événements, apportée par différents protagonistes lors de la discussion lors de la veillée funèbre. Regrets, rancœurs, tout est exposé, enfin, et se délite par la force de la parole. Le pardon est a porté de main. Une part belle est réservée, par le biais des dessins, aux silences et aux non-dits, qui sont eux aussi porteurs de sens. Quand un fils finit par comprendre son père et les choix de vie qu’il a faits, il quitte alors définitivement l’enfance pour passer dans l’âge adulte.

Les dessins, justement, tout en finesse et précision, servent magnifiquement le récit. Le rythme des cases notamment, est vraiment intéressant : il véhicule à la fois le côté confortable du foyer tout en séquençant l’histoire.

Encore une fois, un excellent manga que je conseille et que j'ai adoré.

Le journal de mon père, de Jirô Taniguchi
Casterman
Novembre 2007

5 commentaires :

Lelf a dit…

Il faut vraiment que je le relise <3 (mais j'ai peur de pleurer si je le fais maintenant xD)

La chèvre grise a dit…

@ Lelf : un très beau livre, positif malgré le décès du père. Le pardon et l'amour sont possibles.

c'era una volta a dit…

Impossible de me rappeler si j'ai lu un titre de l'auteur...
Par contre, je vais essayer de profiter de mon passage à la bibli ce weekend pour dégotter ce titre-là.

Loesha a dit…

Je crois que tu as lu les deux "must-read" de l'auteur La chèvre : "Le journal de mon père" et "Quartier lointain" !
Il faudrait que les relisent d'ailleurs, j'ai tendance à les confondre...
Il parait que "Le gourmet solitaire" est pas mal aussi... à voir !

La chèvre grise a dit…

@ C'era una volta : il faut, c'est une ambiance à découvrir.

@ Loesha : ce sont des titres qui se lisent et se relisent. En plus, j'aime le format. Je pense que je vais noter "Quartier lointain" pour un futur cadeau de Noël.