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06 mai 2015

Enfant 44, de Daniel Espinosa

Film américo-britannico-roumano-tchèque de Daniel Espinosa, sorti le 15 avril 2015, avec Tom Hardy, Noomi Rapace et Gary Oldman.

L'histoire :  Hiver 1952, Moscou. Leo Demidov est un brillant agent de la police secrète soviétique, promis à un grand avenir au sein du Parti. Lorsque le corps d’un enfant est retrouvé sur une voie ferrée, il est chargé de classer l’affaire. Il s’agit d’un accident, Staline ayant décrété que le crime ne pouvait exister dans le parfait État communiste. Mais peu à peu, le doute s’installe dans l’esprit de Léo et il découvre que d’autres enfants ont été victimes « d’accidents » similaires. Tombé en disgrâce, soupçonné de trahison, Léo est contraint à l'exil avec sa femme, Raïssa. Prenant tous les risques, Léo et Raïssa vont se lancer dans la traque de ce tueur en série invisible, qui fera d'eux des ennemis du peuple...

Mon avis :J'avais bien apprécié le roman de Tom Rob Smith, notamment pour toute la période historique décrite. Alors lorsque j'ai vu la bande annonce, je me suis dit qu'il fallait que j'aille voir ce film. Autant vous dire tout de suite, je suis déçue.

Le principe du livre, où deux intrigues s'emmêlent, l'une politique l'autre criminelle, est mal transcrit et la dernière finit par totalement disparaître. En images, les deux se côtoient difficilement, au point que la découverte du coupable n'offre aucun intérêt. Rappelons pourtant que les faits sont basés sur une histoire vraie, celle du monstre de Rostov. Seule la fuite des Demidov garde un minimum le spectateur en haleine, et encore, en étant passablement bâclée. On a bien du mal à comprendre pourquoi ce brillant agent totalement à la solde de l'État soviétique se met soudainement martel en tête sur cette histoire d'assassinat d'enfants, alors qu'il a déjà bien assez à faire pour survivre.

C'est que l'existence est difficile dans cette Union soviétique où tout le monde est potentiellement un traître, ou supposé tel. Mensonge et paranoïa sont les maîtres mots. Les gens survivent d'ailleurs bien davantage, comme ils peuvent. À l'image de Raïssa, qui n'est pas la femme aimante qu'elle essaie de paraître. Les relations complexes entre Leo et sa femme Raïssa sont pourtant assez mal rendues : au milieu des deux intrigues, il ne reste que peu d'espace pour sortir ce couple de la caricature.

Le film n'est en fait pas très intéressant et bien trop brouillon. Du coup, la fin a été changée, pour éviter des éléments qui seraient apparus trop grossièrement, et perd en originalité. Enfin, la mise en scène des plans d'action est atroce. Impossible de distinguer qui est qui et fait quoi tellement la caméra bouge et tressaute. Les plans plus calmes sont quant à eux bien fades. Et je ne parle pas de cet immonde accent russe qu'on a fait prendre aux acteurs, ridicule !

En bref, passez votre chemin et prenez plutôt le temps de lire le livre.

2 commentaires :

c'era una volta a dit…

Personnellement, ce film ne m'a pas déplu. J'ai trouvé l'ambiance pesante de cette URSS de l'époque plutôt bien rendue.
Mais cela doit tenir au fait que je n'ai pas lu le livre et donc pas de point de comparaison.
Maintenant pour ce qui est du traitement de l'intrigue policière, je reconnais que c'est expédié de telle sorte que ça passe totalement au second plan et que l'intérêt n'est pas là.
Je lirai sans doute le livre pour mieux cerner l'ensemble et certains autres détails.

La chèvre grise a dit…

@ C'era : En fait, dans le livre, l'intrigue policière a autant d'importance que la période historique décrite. Ici, c'est totalement bancal et c'est dommage.

Et puis, si vous avez aimé la période historique, il y a une suite en bouquin !!!