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04 septembre 2015

Toute la lumière que nous ne pouvons voir [Anthony Doerr]

L'auteur : Anthony Doerr est un écrivain américain né en octobre 1973 dans l'Ohio. Son second roman, Toute la lumière que nous ne pouvons voir, lui a permis de recevoir le prix Pulitzer en 2015.

L'histoire : Marie-Laure Leblanc vit avec son père près du Muséum d'histoire naturelle de Paris où il travaille. À six ans, la petite fille devient aveugle, et son père crée alors pour elle une maquette reconstituant fidèlement leur quartier pour l'aider à s'orienter et à se déplacer. Six ans plus tard, l'Occupation nazie les pousse à trouver refuge à Saint-Malo chez l'oncle du père de Marie-Laure, un excentrique profondément marqué par son expérience de la Première Guerre mondiale, qui vit reclus dans sa maison en bord de mer. Pour éviter que les Allemands ne s'en emparent, le Muséum a confié à Leblanc un joyau rare, la copie d'un diamant ayant appartenu à la famille royale de France, sans savoir qu'il s'agit en réalité de l'original.

Loin de là, en Allemagne, Werner grandit dans un pensionnat pour enfants de mineurs décédés. Curieux et intelligent, l'orphelin se passionne pour la science et la mécanique et apprend rapidement à réparer les machines qui lui tombent sous la main. Un talent rare repéré par les Jeunesses hitlériennes où il se trouve enrôlé. Prenant conscience des fins auxquelles est utilisée son intelligence, il est sanctionné, devenant un simple soldat de la Wehrmacht.

En 1944, son chemin croise en France celui de Marie-Laure alors que Saint-Malo est incendiée et pilonnée par les bombes.

Mon avis : A voir le prix reçu et l'avalanche de billets positifs, vantant l'émotion  ressentie à la lecture de ce roman, j'avoue que je ne m'attendais pas à ça. Vous l'aurez compris, j'ai été déçue.

Le lecteur suit parallèlement l'histoire de Marie-Laure, une jeune fille française, devenue aveugle dans sa petite enfance et sur qui son père a toujours veillée, et celle de Werner, jeune orphelin allemand doué pour les transmissions radio et élevé dans les jeunesses hitlériennes. Leurs chemins vont forcément se croiser en 1944, à Saint-Malo, lors du bombardement allié qui détruisit près de 80% de la ville.

À travers les yeux des enfants, le lecteur redécouvre le nazisme, la difficulté de grandir et de vivre en temps de guerre, les petits riens pour tenter de résister.  Pourtant, ce n'est pas un roman sur la guerre. Si elle est là, pesante, elle est surtout un prétexte pour que ces deux personnages se révèlent à eux-mêmes.

C'est bien beau les héros jeunes, beaux, braves, qui osent tout en ayant peur, malmenés qu'ils sont par les contingences politiques que les adultes leur font subir. C'est aussi très attendu et cliché. Et ça ne suffit plus vraiment à provoquer une émotion. Car oui, tout les oppose et pourtant, quand aura lieu la rencontre, ils sauront s'aider. Je ne spoile pas, on s'en serait douté très largement. Et c'est bien ça qui pêche (au sirop ?) ici : tout est prévisible, il n'y a pas de surprise. On retrouve l'importance des petits bonheurs simples, entouré des siens. J'ai largement préféré les personnages secondaires, au final bien peu exploités : Jutta, la soeur de Werner, entière et intransigeante ou Etienne, le grand-oncle traumatisé par la perte de son frère lors de la Première guerre mondiale.

Le découpage en chapitres relativement courts fait passer le lecteur de Marie-Laure à Werner, rapidement, induisant une sorte de suspense forcé. Quant au style, vanté comme tellement poétique, j'avoue encore une fois être passée à côté. J'ai bien moins été frappée que par la poésie de Pierre Raufast ou Jocelyne Saucier lus récemment.

En bref, c'est mignon, populaire et habile mais aussi prévisible. De là à valoir le Pulitzer et la pluie d'éloges, je suis sceptique.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d'Anthony Doerr
Traduit par Valérie Malfoy
Éditions Albin Michel pour Kindle
Mai 2015

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Déjà échaudée par les précédents Prix Pulitzer. Encore plus après avoir lu ton billet.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : En fait, je ne regarde pas les prix. J'ai juste beaucoup entendu parler, en bien, de ce roman, qui en plus à eu le Pulitzer. Le seul Pulitzer qui m'ait totalement convaincue c'est celui de 2007 de McCarty.

ATea a dit…

Je suis en train de faire un tri dans ma liste d'envies. Et pour ce livre, à sa sortie, je l'avais inscrit assez rapidement mais plus le temps passe, plus je lis de critiques qui parlent d'un "Trop facile", que la 2GM devient un prétexte pour faire sortir son livre. Ta chronique, c'est un peu celle "de trop" justement dans le sens où elle est construite, ce n'est pas qu'un simple "J'ai pas aimé". Je crois donc que je viens de supprimer ce livre de ma liste. (Wouhou, j'en avais rajouté 5 avant... ^^) Mais bon, réjouissons-nous.

ATea

Stellade à la page a dit…

Après lecture , je suis d'accord, j'étais pleine d'enthousiasme au début mais j'ai décroché à la moitié...j'ai continué pour la qualité de l'écriture . Je m 'attendais à plus d'action. Merci pour ton avis.