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05 novembre 2015

Miss Hokusai, de Keiichi Hara

Film d'animation japonais de Keiichi Hara, sorti le 2 septembre 2015.

L'histoire : En 1814, HOKUSAI est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’EDO (l’actuelle TOKYO), enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le "fou du dessin", comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

Mon avis :  En 2008, j'avais eu l'occasion de voir au Musée Guimet l'exposition Hokusai, l'affolé de son art. On pouvait y voir les jolies estampes du maître peintre japonais. L'idée d'en savoir un peu plus sur la vie de cet artiste était tentante.

Première impression, le dessin n'est pas à la hauteur du talent des personnages qu'il met en scène. Le graphisme est dans l'ensemble assez grossier. Par moment cependant, pour souligner une idée, on passe "en mode estampe", et poésie et délicatesse s'invitent alors. La spiritualité est présente, baignant l'art, l'animant. Le surnaturel prend corps dans la vie de tous les jours. Et le film trouve alors une autre dimension, un souffle onirique bien venu.

Surprise également du côté de la bande son, qui fait intervenir des morceaux rock très modernes, absolument pas en adéquation avec les images. On pourrait imaginer que le rock vient souligner le côté indépendant de O-Ei. Peut-être est-ce l'intention du réalisateur, mais là encore, c'est assez grossier comme procédé.

En dehors de cela, j'ai beaucoup appris sur le rôle d'O-Ei dans la carrière de son père. Travaillant dans son ombre, réalisant certaines œuvres à sa place, comme pour les dessins de femmes. Elle a beaucoup de talent. Elle est forte, indépendante, libre et très attachée à sa famille. Loin du rôle des femmes dans l'Edo du XIXe siècle.

Son père est un grand maître, capable d'exploits qu'elle sait ne pouvoir atteindre. Il peint aussi bien sur une toile gigantesque ou sur un grain de riz. Si elle honore parfois des commandes qui sont adressées au peintre, O-Ei continue à apprendre. Si elle admire le talent de son père, elle ne comprend pas son indifférence pour sa deuxième fille, dont il ne supporte pas la cécité, lui dont l'art est dans la force du visuel. À la fois collaborateurs et concurrents, leurs relations sont complexes et bien rendues.

Un beau propos donc et un film fort instructif, qui aurait gagné à être mieux servi par le visuel et la bande son.

2 commentaires :

c'era una volta a dit…

bon le visuel ne semble pas trop au rendez vous mais l'histoire me paraît suffisamment intéressante pour me donner envie de voir ce film d'animation.
Je te remercie de me l'avoir fait découvrir grâce à ton article :)

La chèvre grise a dit…

@ C'era : j'espère que tu apprécieras. C'est assez atypique j'ai trouvé.