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09 décembre 2015

Spectre, de Sam Mendes

Film américain de Sam Mendes, sorti le 11 novembre 2015, avec Daniel Craig et Léa Seydoux.

L'histoire : Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre.

Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M. Bond persuade Moneypenny et Q de l’aider secrètement à localiser Madeleine Swann, la fille de son vieil ennemi, Mr White, qui pourrait détenir le moyen de détruire Spectre. Fille de tueur, Madeleine comprend Bond mieux que personne…

En s’approchant du cœur de Spectre, Bond va découvrir qu’il existe peut-être un terrible lien entre lui et le mystérieux ennemi qu’il traque…

Mon avis : Skyfall était mon premier James Bond sur grand écran. Spectre sera donc le deuxième et je vois déjà une première similitude, du certainement à la salle de projection : le son est abominablement fort, à vous coller un mal de crâne pas possible à la sortie.

Commençons avec les réussites. La mise en scène pète ! C'est visuellement beau, notamment la scène d'entrée à Mexico en pleine fête des morts. Lumières et couleurs, jeu d'ombre, tout est bien maitrisé. Les paysages et les scènes urbaines sont parfaitement tournés. Léa Seydoux est bien moins vénéneuse qu'Eva Green mais apporte une certaine douceur à notre espion qui en a bien besoin. Pour une fois depuis longtemps, les femmes ne tombent plus comme des mouches dans son entourage. On regrettera qu'il n'y a pas de "méchante" James Bond girl cette fois-ci (Monica Belluci n'apparaît que subrepticement). Et les personnages secondaires prennent plus d'ampleur, que ce soit Monneypenny, M ou Q, formant une vraie unité autour de l'agent 007. La bande son, qui m'a laissée assez dubitative sur le coup, est plutôt pas mal au final.

Mais le scénario, comme beaucoup le diront, est le vrai point faible de ce film. Alors, certes, quand je vais voir un James Bond, je ne m'attends pas non plus à un truc ultra prise de tête. Il faut cependant avouer qu'ici, il y a un peu trop de défauts qui peuvent vous gâcher le plaisir si vous êtes puriste : le lien entre le mystérieux ennemi et notre James est totalement superficiel ; la scène de torture, foireuse au possible, incompréhensible, surtout comparée à ce que le Spectre est capable de faire ; les scènes de lutte sont trop courtes et du coup se succèdent beaucoup trop vite ; et comme le spectateur sent que la scène est trop courte pour être réellement terminée, il suspecte la suite de l'histoire bien trop facilement.

Je n'ai pas aimé le lien fait entre cet épisode et les précédents. Après Skyfall et la mort de M, avec l'arrivée de Moneypenny, je me disais que tout était en place pour reprendre un James Bond plus classique mais dépoussiéré. Que nenni. Cela aurait pu être une bonne surprise sans les défauts cités précédemment ainsi que l'erreur de casting d'Andrew Scott dans le rôle de C, personnage absolument pas crédible, une vraie catastrophe dont le spectateur devine immédiatement la vraie nature. Quant à Christoph Waltz, ce n'est pas ça non plus. Pour tout vous dire, je n'ai pas arrêté de penser à Inspecteur Gadget et les personnages Docteur Gang et Machat, le vilain et son chat dans le dessin animé. Ca vous laisse comprendre à quel point j'y ai vraiment cru à ce méchant Spectre !

Le bon point cependant de cet épisode : on renoue avec un James plein d'humour et de charme, moins sombre que ce qu'il était dans la première réalisation de Sam Mendes. Cela ne suffira cependant pas à en faire un épisode mémorable et beaucoup de déceptions sont à prévoir. En attendant le prochain et dernier de Daniel Craig, qui fait pourtant un très bon espion 007.