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26 février 2016

Les cerfs-volants de Kaboul [Khaled Hosseini]

L'auteur : Américain d'origine afghane, Khaled Hosseini est né à Kaboul en 1965. Suivant les pérégrinations de son père diplomate, il finit par obtenir l'asile aux États-Unis après l'occupation de l'Afghanistan par les Russes en 1979. Il y devient médecin. Les cerfs-volants de Kaboul, paru en 2003, est son premier roman.

L'histoire : Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant Pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés...

Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. "Il existe un moyen de te racheter", lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé.

Mon avis : Ce roman, c'est une amie qui me l'avait chaudement recommandé il y a longtemps. Je l'avais trouvé d'occasion et ajouté sur mes étagères. Les événements récents, par une succession de pensées que je vous épargnerais, m'ont incitée à le sortir enfin de sous la couche de poussière qu'il prenait tranquillement.

Khaled Hosseini commence en brossant le portrait d'une enfance insouciante. Amir Et Hassan ont des rapports régis par leur différence ethnique : l'un est Hazara, ce qui fait de lui le serviteur de l'autre, Pachtoun. Pourtant, au-delà de ça, ils sont profondément attachés l'un à l'autre et passent tout leur temps libre ensemble. Dans tous les souvenirs de l'un, l'autre est présent. Cette insouciance va être mise à mal par la cruauté d'autres enfants.

Sans en avoir l'air, Hosseini nous attache aux pas d'Amir, le narrateur. Loin d'être un cliché, il en fait un être en plein de doutes, qui se construit en fonction des épreuves qu'il affronte, avec plus ou moins de courage. Il porte sur ses épaules le poids de nombreuses fautes et ne sait pas s'il aura jamais l'opportunité ou le courage de les réparer. Cette occasion se présentera sous la forme d'un appel passé depuis le Pakistan en direction de San Francisco. Au bout du chemin, peut être trouvera-t-il la rédemption et s'accordera-t-il le pardon. 

Et le lecteur de suivre, à travers le destin de ce jeune garçon devenu homme, celui de l'Afghanistan, passée aux mains des Russes puis des Talibans et où les factions se déchirent (. Un pays totalement défiguré, détruit, mais dont l'âme perdure, survit et refuse de se laisser tuer sans rien dire. Le décor évolue au fur et à mesure que l'horizon d'Amir s'élargit. Dans sa petite enfance, Kaboul se révèle une ville enchanteresse, dont les rues sont pleines de couleurs et d'épices, de joies et de sourires, dans un mode de vie bien loin de celui de l'Occident. Et puis c'est la découverte des États-Unis, du capitalisme à outrance, des mœurs bien différentes, mais un pays qui accueille ses hommes dont la fuite est la seule option pour sauver leur vie. 

Le regard de l'auteur sur son pays d'origine est tendre sans être dénué de toute critique. Religion et traditions en Afghanistan sont des thèmes abordés, ainsi que ceux de l'émigration, le pardon et la relation père-fils.

Par ses personnages, par l'Histoire douloureuse de l'Afghanistan qu'il raconte, Khaled Hosseini nous livre un roman fort, émouvant et sans sentimentalité. Un roman terriblement humain. Une formidable découverte.

"Je suis devenu ce que je suis aujourd'hui à l'âge de douze ans par un jour glacial et nuageux de l'hiver 1975. Je revois encore cet instant précis où, tapis derrière le mur de terre à demi éboulé, j'ai jeté un regard furtif dans l'impasse située près du ruisseau gelé. La scène date d'il y a longtemps mais, je le sais maintenant, c'est une erreur d'affirmer que l'on peut enterrer le passé : il s'accroche tant et si bien qu'il remonte toujours à la surface. Quand je regarde en arrière, je me rends compte que je n'ai cessé de fixer cette ruelle déserte depuis vingt-six ans. " (p°9)

Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini
Traduit par Valérie Bourgeois
Éditions 10-18
Avril 2008

5 commentaires :

Sandrine a dit…

Je me prépare à lire Khaled Hosseini, le seul problème étant que je ne sais pas quel titre choisir car tous enthousiasment les lecteurs ;-)

Alex Mot-à-Mots a dit…

Depuis le temps qu'il est sur ma liste à lire, celui-ci !

Folavril a dit…

Un livre coup de cœur, que je n'ai jamais oublié ! Et pourtant je l'ai lu il y a bien 4 ou 5 ans.

c'era una volta a dit…

Je l'ai vu passé tant de fois ce roman. Toujours je me suis dit qu'il fallait que je le lise et toujours j'ai repoussé. Son tour viendra... mais je ne sais pas quand :p
En tout cas, ton avis réveille l'intérêt et pour ça, merci :)

Lilly a dit…

J'avais arrêté ma lecture sans raison, il faut vraiment que je le reprenne...