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28 mars 2016

La 2 CV verte [Manu Causse]

L'auteur : Manu Causse est un écrivain français né en janvier 1972. Il écrit essentiellement des nouvelles et des pièces de théâtre, mais aussi des romans bilingues.

L'histoire : Isaac est un petit garçon vide. Un corps, des yeux, mais rien à l'intérieur. Il ne parle pas - sauf quand il hurle. Ses parents se sont détruits peu à peu à coups d'amertume et de culpabilité.

Éric, le père, est épuisé et désemparé. Jusqu'au jour où il hérite d'une vieille 2 CV - une 2 CV verte. Et quand Isaac la voit, quelque chose change. Tout s'emballe : le père décide d'enlever son fils de la clinique et de partir à l'aventure au volant de la 2 CV. Aidés par une adolescente lunatique, traqués par un gendarme amateur de champignons et accompagnés d'un chaton bavard et arrogant, le père et le fils nous plongent dans un conte initiatique tendre et loufoque.

Mon avis : En lisant ce roman, j'ai pensé à Rain man. C'est que, pour raconter cette difficulté de communiquer entre deux membres d'une même famille, dont l'un est handicapé, Manu Causse utilise les mêmes éléments : un road trip, une voiture d'exception, des touches d'humour, d'autres moments plus graves, de l'émotion.

On ressent toute le désespoir du père, qui ne sait pas comment construire le lien dont il a besoin avec son fils. Cette voiture surgie du passé, cette 2 CV verte dont il va hériter, sera l'occasion ou jamais de solder une culpabilité qu'il traine derrière lui depuis des années. Et aussi un vecteur de communication inattendu avec son fils, cet enfant fermé en lui-même et qui ne laisse rien passer. Il faudra tout son acharnement pour trouver la faille dans le mur qui les sépare.

Une belle histoire donc, mais desservie je pense par la volonté d'en faire un conte. L'auteur choisit de ne pas appeler ses personnages par leurs prénoms, que le lecteur n'apprend qu'au détour de paroles échanger. "Le petit", "Le père", "Le vieux", "Le gendarme"... cela tient bien trop à distance le lecteur qui peine à s'identifier et à ressentir de l'empathie. Certains personnages sont parfois trop caricaturaux (la mère) et d'autres montrent un potentiel peu exploité (le gendarme).

La 2 CV verte, de Manu Causse
Denoël
Mars 2016

6 commentaires :

Miss Fox and Mr Brid a dit…

le thème du livre m'attire, je le lirai pour m'en faire une idée.

keisha a dit…

Voilà le billet! Je n'ai pas du tout pensé à Rain man (Dustin Hoffman est quand même moins atteint, non?) et même pas remarqué la mise à distance et le manque des noms...Tellement j'étais en train d'engloutir le roman!

Alex Mot-à-Mots a dit…

L'idée de départ était plutôt séduisante.

Sandrine a dit…

Ça ressemble à du feel good book on dirait...

c'era una volta a dit…

Je me demande si le choix de ne pas appeler les personnages de ce récit par leur nom/prénom n'est pas un fait exprès pour montrer la distance entre certains d'entre eux. Mais cette mise à distance telle que formalisée peut être un moins car comme tu le dis, elle peut gêner l'appropriation des personnages, l'empathie pour eux.

Enfin peut-être que j'extrapole un peu trop... :p

La chèvre grise a dit…

@ Miss Fox : bonne découverte alors !

@ Keisha : effectivement, tu avais l'air d'être à fond dedans :)

@ Alex Mot-à-mots : tout à fait.

@ Sandrine : pas vraiment, il y a une forme de gravité qui fait que je ne le mettrais pas dans cette catégorie.

@ C'era : pas faux pour l'absence de nom, ça a aussi cette utilité.