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21 mars 2016

La conjecture de Fermat [Jean d'Aillon]

Où on retrouve l'auteur Jean d'Aillon et son personnage Louis Fronsac, notaire sous la fin de règne de Louis XIII et le début de Louis XIV.

L'histoire : Novembre 1643. Louis Fronsac vient de s'installer au château de Mercy avec sa jeune épouse Julie. Mais le manoir, un cadeau du roi, est très délabré et nécessite de coûteux travaux. Alors, quand deux émissaires de Mazarin débarquent au domaine pour lui proposer la somme de dix mille livres, Louis ne peut qu'accepter la mission qu'ils lui confient en retour.

Il doit enquêter sur des fuites de dépêches diplomatique au bureau du Chiffre. À l'approche du congrès de Münster, qui décidera du partage de l'Europe et des conditions de la fin de la guerre de Trente ans, la sécurité de la France est menacée. Aidé par le mathématicien de génie Pierre de Fermat, il va tenter de créer un nouveau code impossible à déchiffrer.

Dans cette aventure où il paraît n'y avoir que des traîtres et des faux-semblants, Louis Fronsac va devoir redoubler de finesse s'il veut sauver le congrès de Münster...

Mon avis : Encore deux ans se seront écoulés entre ma lecture précédente des aventures de Louis Fronsac et ce nouvel épisode. Et encore une fois, j’ai beaucoup aimé retrouver ce personnage.

Cette fois-ci, Jean d’Aillon mêle fort habilement Histoire, enquête et mathématiques ! Ou plus précisément la cryptographie. À première vue, certains pourraient être réfractaires, mais ce serait dommage. Car loin d’assommer son lecteur, l’auteur a le don de le passionner, en mettant au service de l’intrigue un style fluide et clair, en expliquant très simplement les concepts avec lesquels il joue. On croise donc de nombreux scientifiques dans ce roman : Mersenne, Blaise Pascal, Pierre de Fermat et sa fameuse conjecture (devenue théorème depuis 1994), ou encore le cryptologue Antoine Rossignol. Car voici le prétexte à toute l’histoire : déniché, dans le service du Chiffre, chargé de coder et décoder les missives diplomatiques, l’espion qui y est caché. Car nous sommes en pleine période de négociations avec nos ennemis et il faut garder toutes les cartes en main. Et c'est là que la célèbre conjecture de Fermat peut être utile.

À côté de ces scientifiques, ce sont aussi les grands noms de France du XVIIe siècle que nous croisons : Abel Servien, Hugues de Lionne, le marquis de Fontrailles, Michel le Tellier ou le jeune Colbert. Sans oublier le cardinal Mazarin qui gouverne, puisque Louis XIV n’a pas encore 8 ans. Comme d’habitude, il faut un peu s’accrocher pour ne pas se perdre dans toutes les appellations que peut prendre un unique personnage : à la cour de France, les titres sont nombreux et les interlocuteurs passent facilement de l’un à l’autre.

Encore une très bonne aventure de Fronsac. Comme j'aime dans cette série, on apprend et on s'amuse tout en même temps. Je ne peux donc que conseiller. J’espère cette fois ne pas attendre deux ans avant de retrouver le chevalier, d'autant que d'autres tomes sont déjà sur mes étagères !

La conjecture de Fermat, de Jean d'Aillon
Éditions du Masque
Septembre 2014

5 commentaires :

c'era una volta a dit…

ça a l'air pas mal du tout ça.

Suis plutôt du côté des nuls en maths... Mais j'aime beaucoup par contre tout ce qui a trait à la cryptographie ^^ Donc je suis ferrée et intriguée :)

Bon sinon j'ai suivi le lien vers "la conjecture de Fermat". En simplifiant, est ce qu'on peut l'expliquer comme ça "équation dont on ne peut prouver le résultat"?

La chèvre grise a dit…

@ C'era : je te rassure, je ne fais pas non plus partie des douées en math :) Et pour simplifier, je dirais surtout qu'une proposition impliquant des carrés n'est pas forcément valable pour d'autres puissances.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Te voilà fan de la série !

keisha a dit…

Ta réponse sur la conjecture est parfaite! Conjecture ayant résisté à une démonstration jusqu'en 1994 je crois.(Wiles)

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : oui, c'est typiquement le genre de bouquins sans prétention, qui passent assez inaperçus mais qui sont toujours très agréables à lire.

@ Keisha : Effectivement, la démonstration a été apportée par Wiles en 1994 et la conjecture est devenue théorème (de Fermat-Wiles du coup) :)