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30 mai 2016

Tartes aux pommes et fin du monde [Guillaume Siaudeau]

Après mon énorme coup de cœur pour La dictature des ronces l'année dernière, il fallait bien que je découvre le roman précédent de Guillaume Siaudeau. C'est chose faite.

L'histoire : Alors qu'une caissière s'échine à trouver le code-barres sur une boîte de maquereaux, un garçon et une fille tombent en amour. Celui-ci s'attache à un collègue en manutentionnant des palettes de conserves pour animaux et remercie la propriétaire de son studio pour la tarte aux pommes qu'elle lui apporte. Sa nature contemplative a bien compris que les chiens ne volent pas, même avec des ailes en carton, que la chute des corps est inévitable - comme les claques dont son père n'était pas avare. Il ignore encore ce qu'on peut habilement faire avec un révolver...

Mon avis : Le sujet de ce roman est grave, mais Guillaume Siaudeau, avec l'habileté que je lui connais de son second roman, réussit à en faire quelque chose de doux et poétique, loin d'une noirceur qui aurait pu ternir l'ensemble.

Le tout commence par des blessures au cœur de l'enfance, qu'elles soient à l'âme, celle d'un chien qui s'envole, ou au corps, par les gifles qui caressent les joues. Et continue par d'autres blessures à l'âge adulte : en plus des difficultés qu'on peut croiser à vivre aujourd'hui - emploi, famille, logement,... - la perte de l'amour est peut être celle de trop, celle qui poussera le narrateur vers le précipice et le désespoir. Jusqu'où ?

Le narrateur, contemplatif et doux rêveur, se prête particulièrement à faire de ce texte un roman tendre sur les petites choses de la vie qui vous construisent, malgré les embuches sur le chemin : perte, solitude ou dépression. L'auteur joue à merveille avec les mots et les images pour tisser un texte très beau sur une période de vie plutôt grise.

Son second roman, La dictature des ronces, lu avant, avait été un véritable coup de cœur. Difficile de tenir la comparaison donc, forcément, mais cela n'enlève rien aux mérites de ce premier roman, où on sent déjà poindre toute la magie que l'auteur saura mettre en œuvre ensuite. Une belle découverte.

"Pour que le monde tourne bien rond, il aurait peut-être tout simplement fallu que toutes les ruptures aient le goût sucré d'une tarte aux pommes." (p°114)

Tartes aux pommes et fin du monde, de Guillaume Siaudeau
Alma Éditeur
Avril 2013

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un auteur qu'il faut que je découvre.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : je le conseille vivement !