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18 juillet 2016

Dites aux loups que je suis chez moi [Carol Rifka Brunt]

L'auteur : Née en 1970 aux États-Unis, Carol Rifka Brunt est une américaine vivant dans le Dartmoor en Grande-Bretagne.

L'histoire : 1987, une banlieue new-yorkaise. Écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents absents, June rêve d'art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Quand il meurt du sida, l'adolescente inconsolable se lie d'amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme "l'ami" de Finn. Confrontée au deuil, à la réalité d'une maladie encore honteuse et au malaise de sa famille, June bascule dans le monde des adultes et son hypocrisie.

Mon avis : Oulala, qu'il est compliqué de rédiger un billet sur cette lecture. Pas tellement parce que je n'ai pas aimé, bien au contraire d'ailleurs, mais parce qu'au final, il ne se passe pas grand chose dans ce roman. C'est l'ambiance qui emporte le lecteur, qui le chamboule par la richesse des sentiments décrits.

June est une jeune adolescente qui vit tranquillement dans la banlieue de New York jusqu'à la mort de son oncle Finn. Pourquoi tout le monde semble-t-il si pressé de l'oublier alors qu'elle même ressent fortement la perte de cet être si cher à son cœur ? Finn était homosexuel et il est mort du sida. Dans les années 1980, on connait encore peu de choses sur cette maladie. Les gens, pétris d'ignorance et de honte, en deviennent méchants.

Au milieu des émotions qui la chamboulent, June analyse finement ce qui arrive. Elle grandit et découvre le monde des adultes, une société pleine d'hypocrisie qui guide les êtres qui la composent. Ses relations avec sa sœur et ses parents sont difficiles : Greta est égocentrique et leurs parents bien trop pris par leur travail. On cherche absolument à mettre une étiquette sur l'amour qu'elle portait à Finn, elle qui ne découvre que maintenant qu'il y a plusieurs sortes d'amour. June est pourtant la seule à refuser de se laisser enfermer dans les préjugés et à oser voir au-delà des apparences. Tenue par une promesse faite à son oncle, motivée par l'idée de retrouver une petite partie de lui en construisant une relation avec son compagnon Toby, elle va construire la future adulte qu'elle sera en tissant des liens avec cet inconnu.

Avec une plume sensible, toute pleine d'une violence contenue, Carol Rifka Brunt met à jour et à nu les sentiments de June magnifiquement. J'ai été emportée totalement par ma lecture. Un coup de cœur.

"Si l'on considère qu'une anecdote peut être comme un genre de ciment, celui qu'on met entre les briques, celui qui ressemble à un glaçage de gâteau pas encore durci, alors je me disais que je pourrais utiliser toutes les histoires de Toby pour maintenir Finn en place, pour le garder avec moi un peu plus longtemps." (p°114)

Dites aux loups que je suis chez moi, de Carol Rifka Brunt
Traduit par Marie-Axelle de La Rochefoucauld
Éditions 10-18
Juin 2016

6 commentaires :

Sandrine a dit…

En plus, le titre est très beau...

Popcorn Gibberish a dit…

Je suis en train de le lire et j'aime beaucoup pour le moment :).

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un roman d'ambiance ? N'en dis pas plus, j'adore ! Mais le titre fait un peu peur....

Anonyme a dit…

Un superbe livre que j'ai adoré et ce fut un coup de cœur total pour moi !Depuis je l'offre autour de moi tellement j'ai envie de le partager !Mymy de Cousines de LECTURES


http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2016/02/22/33314651.html

She reads a book a dit…

Ah une lecture intéressante, je note.

La chèvre grise a dit…

@ Sandrine : oui, et un poil mystérieux pendant quelques pages.

@ Popcorn Gibberish : bonne lecture alors !

@ Alex Mot-à-Mots : non, non, rien d'effrayant dans cette lecture, je t'assure.

@ Mymy : Je vais faire pareil très bientôt !

@ She reads a book : J'attends ton avis alors :)