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22 août 2016

Là où les lumières se perdent [David Joy]

L'auteur : David Joy est un auteur américain, né en Caroline du Nord en 1983. Là où les lumières se perdent est son premier roman, le deuxième est déjà en cours.

L'histoire : Caroline du Nord. Dans cette région perdue des Appalaches, McNeely est un nom qui fait peur, un nom qui fait baisser les yeux. Plus qu’un nom, c’est presque une malédiction pour Jacob, dix-huit ans, fils de Charly McNeely, baron de la drogue local, narcissique, violent et impitoyable. Amoureux de son amie d’enfance, Maggie, Jacob préfère garder ses distances. Il est le dauphin, il doit se faire craindre et respecter. Après un passage à tabac qui tourne mal, Jacob se trouve confronté à un dilemme : doit-il prendre ses responsabilités et payer pour ses actes ou bien suivre la voie paternelle ? Alors que le filet judiciaire se resserre autour de lui, Jacob a encore l’espoir de sauver son âme pour mener une vie normale avec Maggie. Mais cela ne pourra se faire sans qu’il affronte son père, bien décidé à le retenir près de lui.

Mon avis : Jacob aimerait échapper à la voie toute tracée qui est la sienne, celle de seconder son père dans ses activités mafieuses avant, peut être, de prendre sa succession. Il n'en a pas envie, d'autant que cela l'éloigne de Maggie, son amie d'enfance qu'il ne peut oublier. Il a bien essayer pourtant de l'éloigner pour ne pas l'entraîner avec lui. C'est pourtant Maggie qui lui donne l'envie de trouver une autre voie. Celle qui s'ouvrira n'est pas celle qui était attendue.

Il y a du Ryan Gattis dans l'écriture de David Joy. La même aptitude à décrire la destinée, une lutte pour revenir à des valeurs plus morales lorsqu'on est dans un contexte qui vous tire toujours plus vers une délinquance de plus en plus forte. Ici aussi, la lumière plombante et la chaleur baignent tout dans cette région, mêmes les moments les plus sombres, même les actes les plus abjects et rendent une ambiance oppressante au possible.

À la fin de ma lecture, pourtant, je ne suis pas sûre de savoir ce que j'ai lu. Car Six jours de Ryan Gattis en dit tellement plus (dans un autre contexte). Il manque à David Joy une réflexion plus profonde, un peu plus extérieure à son personnage principal. À tout centrer sur Jacob, l'auteur en oublie d'autres possibilités. Ça permet certes de bien développer la complexité des sentiments qui habitent le jeune homme mais j'ai trouvé ça dommage. À aucun moment on ne sent une vraie lueur d'espoir. Tout est trop noir et, comme Jacob, le lecteur est vite convaincu qu'il n'y a aucune échappatoire possible.

Un bémol donc, pour une belle écriture toutefois et un auteur à suivre.

Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine pour cette lecture qui sort en librairie le 26 août.

"Je me disais que certaines âmes n'étaient pas dignes d'être sauvées.
Il est des âmes auxquelles même le diable ne veut rien avoir affaire."

Là où les lumières se perdent, de David Joy
Traduit par Fabrice Pointeau
Sonatine pour Kindle
Août 2016

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Malgré ce que tu dis de l'écriture, il ne me tente pas.

Brize a dit…

J'en reste à "Six jours", que j'ai beaucoup aimé (je n'étais déjà pas plus tentée que cela).

Sandrine a dit…

Je n'ai pas trouvé de liens avec Ryan Gattis, mais j'ai aimé sans retenue ce roman, très noir en effet. Comme j'aime y croire, être naïve parfois, j'ai cru que peut-être, il allait s'en sortir... Et j'ai aimé l'écriture de David Joy, si jeune auteur qu'il nous écrira certainement d'autres beaux romans ;-)

La chèvre grise a dit…

@ Alex : tant pis.

@ Brize : ok.

@ Sandrine : la demoiselle n'est pas assez présente pour que j'y crois en fait. Par contre, comme toi, j'attends de voir la suite de l'oeuvre de cet auteur.