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26 octobre 2016

Les innocentes, d'Anne Fontaine

Film franco-polonais d'Anne Fontaine, sorti le 16 février 2016, avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne et Agata Buzek.

L'histoire : Pologne, décembre 1945. Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise.

D’abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, tombées enceintes dans des circonstances dramatiques, sont sur le point d’accoucher.

Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et les religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger va aiguiser...

C’est pourtant ensemble qu’elles retrouveront le chemin de la vie.

Mon avis : Ce film me faisait de l’œil depuis sa sortie, une histoire vraie, un petit drame parmi le grand drame. Un drame qui pourrait être actuel, tellement les femmes paient souvent un prix énorme à la lutte des hommes.

Filmé presque en huis-clos, c'est quasiment un dialogue sans mots que la réalisatrice nous livre, porté par l'interprétation des actrices. Car entre la conception du monde de la jeune Mathilde et cette communauté de sœurs qui se retranchent derrière leurs vœux, les différences sont extrêmes. Pourtant, la solidarité féminine et ce besoin de construire sur une terre détruite par la tragédie sont plus forts. Ils vont les pousser à s'apprivoiser, se respecter, s'apprécier, jusqu'à se reconstruire chacune à sa manière. Un lien fort naît entre elles sous les yeux du spectateur.

Lieu de l'horreur pour ces sœurs, le couvent reste tout de même un sanctuaire dans lequel elles osent, petit à petit. Dans le regard, dans les expressions, on devine ce qui les torture et les questionne. On comprend les non-dits.

Le récit est touchant mais sans mièvrerie, fait d'images magnifiques, pour beaucoup faites de noir et de blanc, car la forêt sous la couche de neige est un parfait écho à la tenue des femmes cloîtrées. D'une douceur qui cache les pires violences, ce film est émouvant et vous emporte, sans même que vous vous en rendiez compte.

4 commentaires :

Sandrine a dit…

Un bon film oui, et la réalisatrice évite bien des facilités en contournant la mièvrerie. C'est aussi un film qui questionne, sur la foi par exemple...

dasola a dit…

Bonsoir La chèvre grise, merci pour ce billet sur un film que j'avais beaucoup aimé. L'histoire m'avait émue. L'image est superbe tout comme les actrices. Bonne soirée.

c'era una volta a dit…

Punaise tu me donnes envie de revoir ce film. Poignant, sensible, visuellement aussi superbe. Elle prend aux tripes cette histoire. La réalisation est intelligente.
Bel article vraiment.

La chèvre grise a dit…

@ Sandrine : tout à fait, tu as raison, je n'en parle pas dans le billet, mais l'opposition entre la femme médecin et ces jeunes religieuses est forte aussi des questionnements des deux côtés sur la foi.

@ Dasola : un vrai beau film.

@ C'era : merci :)