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12 décembre 2016

Le mystère Henri Pick [David Foenkinos]

L'auteur : Après ma lecture La délicatesse, je retente une œuvre de David Foenkinos.

L'histoire : En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

Mon avis : Foenkinos m'ennuie. Attention, ne prenez pas mal ce que je viens de dire parce que j'apprécie assez les interventions de l'auteur dans les différentes émissions que j'ai pu voir ou entendre. Je le trouve agréable à écouter, très intéressant, et il avait su me donner envie de découvrir son dernier roman alors que je n'avais pas été convaincue par La délicatesse. J'avais aussi failli lire son Charlotte en l'entendant en parler avec passion. Bref, je trouve David Foenkinos assez sympathique. Mais, malgré d'évidentes qualités, je me suis ennuyée en lisant Le mystère Henri Pick.

Pourtant, tout commençait bien avec un décor planté dans le monde du livre. Une bibliothèque des livres refusés, qui fait forcément écho au cimetière des livres oubliés de Zafon ; le rapport d'un auteur avec son roman qui n'a pas rencontré le succès escompté ; la toute puissance des maisons d'édition et des critiques... et puis les découvertes de Vivian Maier et de Richard Brautigan. Le sujet avec donc tout pour me plaire.

Cependant, l'auteur a commencé à me perdre en multipliant les personnages qu'il nous faisait suivre : un coup l'éditrice, un coup l'auteur, un coup la fille de l'auteur, un coup le critique en mal de reconnaissance, un coup la bibliothécaire... Bref, trop de personnages dont on ne va pas creuser assez profond la psychologie ce qui entraine vers des clichés un peu trop évidents. Son intervention permanente dans le récit, à la mode du narrateur omniscient qui sait et qui indique au lecteur que cette information là est importante par le jeu de notes de bas de page, n'aide pas non plus à se plonger totalement et alourdit le récit un peu inutilement.

Gentiment, l'auteur souligne les magouilles de l'édition pour promouvoir un roman. Les phrases sur les quelques auteurs ou critiques bien connus (Beigbeder par exemple) sont assez savoureuses. On (re)découvre les guéguerres Galli-Gra-Seuil. Au milieu de tout ça, les personnages se débattent par moment dans des considérations romanesques qui ne servent pas à grand chose.

Bref, de très belles idées mais je n'ai pas du tout été convaincue par la narration qui m'a laissée de marbre.

"Le premier roman est toujours celui d’un bon élève. Seuls les génies sont d’emblée des cancres. Mais il faut sûrement du temps pour comprendre les respirations d’un récit, ce qui se trame à l’abri de la démonstration."

Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos
Gallimard pour Kindle
Avril 2016

5 commentaires :

keisha a dit…

Je l'ai emprunté (et rien que ça c'était difficile, tellement ce roman est emprunté à la bibli!), commencé, oui, beaucoup de personnages, alors, pas le temps ou quoi? j'ai laissé.
Mais j'ai déjà rencontré l'auteur, pétillant, sympa, etc...

c'era una volta a dit…

Un auteur que je ne me décide pas à lire et que je n'ai pas eu l'occasion non plus d'écouter... Peut-être que je devrais commencer par là ^^

Alex Mot-à-Mots a dit…

Charlotte m'avait déçu. Alors je ne note pas ce titre.

Sandrine a dit…

Comme quoi, être quelqu'un de sympathique n'est pas une vertu suffisante pour écrire de bons livres...

La chèvre grise a dit…

@ keisha : oui, l'auteur semble très sympathique et plein d'enthousiasme. C'est d'autant plus dommage que je n'adhère pas plus.

@ C'era : vu que je suis d'autant plus désolée de ne pas aimer ses romans, il faudrait plutôt commencer par le lire je dirais. Tu l'écouteras avec plus de plaisir si tu as pu l'aimer.

@ Alex : Je n'ai pas tenté "Charlotte", pour le sujet bien trop grave même si très intéressant.

@ Sandrine : tout à fait.