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06 mars 2017

Les filles déchues de Wakewater [V.H. Leslie]

L'auteur : Victoria Hope Leslie est une anglaise qui a enseigné et écrit divers articles sur la littérature, puis des nouvelles parues dans des anthologies d'horreur. Les filles déchues de Wakewater est son premier roman.

L'histoire : Londres, époque victorienne. Le sanatorium de Wakewater est une sinistre bâtisse située sur les bords de la Tamise qui accueille les jeunes femmes dépressives. On retrouve régulièrement des cadavres de noyées échoués à proximité…

Londres, de nos jours. Délaissé pendant des années, Wakewater a été transformé en immeuble dernier cri. C’est ici que s’installe Kirsten, à la suite d’une rupture. Elle espère y trouver la paix, grâce au calme réparateur de la Tamise. Au fil des jours, la jeune femme devient de plus en plus obsédée par les secrets que recèle l’ancien sanatorium. Et si les noyées de Wakewater n’avaient pas dit leur dernier mot?

Mon avis : C'est encore une fois grâce au partenariat Denoël que j'ai découvert ce court roman. L'ambiance promettait, à la lecture de la quatrième de couverture, d'être particulière.

La narration alterne entre époque moderne où le lecteur suit Kirsten s'installer dans un immeuble tout  récemment réhabilité et époque victorienne où Evelyn arrive au sanatorium qui se tenait justement au même endroit. Leurs histoires vont être bercées par l'eau, dont on redécouvre les bienfaits thérapeutiques dans ce XIXe siècle. La surprise ici est ce mélange réussi entre un suspens à l'ambiance gothique et le surnaturel qui apparait d'abord par petites touches avant de prendre plus d'ampleur.

L'histoire d'Evelyn est surement la plus intéressante, dévoilant la vie des femmes dans les années 1870, coincées entre mère et putain, selon leur naissance. Utilisées par les hommes, il leur est difficile de se construire une nouvelle voie. C'est ce qu'Evelyn a essayé de faire : pourquoi réellement est-elle envoyé à Wakewater par son père ? On peut avoir quelques doutes : entre son orientation sexuelle, ses activités de soutien aux filles qui se prostituent, son dégout des hommes qui empêche toute possibilité de mariage... elle représente certainement une progéniture gênante.

L'histoire d'Evelyn fait un parfait écho à celle de Kirsten, plus d'un siècle après, qui a pourtant tout pour faire de sa vie ce qu'elle souhaite mais qui s'est emprisonnée dans une relation nocive. Leurs deux parcours s'entremêlent par l'intermédiaire de cette eau, qui vient les purifier. Mais comment ? La Tamise était réputée pour charrier les corps des filles perdues qui se jetaient dedans, fournissant au passage de parfaits spécimens pour les médecins ayant besoin de s'exercer à l'autopsie. L'eau coule au pied du bâtiment, l'eau coule dans les fontaines, l'eau ruisselle du plafond. L'eau s'entend, se sent, partout. L'eau purificatrice devient maléfique.

Une ambiance très aqueuse et poisseuse règne dans ce roman, à vous en faire frissonner, rendant parfaitement le malaise de la situation.

Les filles déchues de Wakewater, de V.H. Leslie
Traduit par Mélanie Trapateau
Éditions Denoël
Janvier 2017

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

L'eau peut donc être maléfique.....

c'era una volta a dit…

Oh il a l'air pas mal du tout du tout du tout! (oui je suis enthousiasmée par ton avis et cette présentation du contenu :p )

Non mais sérieusement, il faut que je le trouve! Merci

Lewerentz S a dit…

Je l'ai adoré aussi !