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21 avril 2017

La Belle et la Bête, de Bill Condon

Film américain de Bill Condon, sorti le 22 mars 2017, avec Emma Watson et Dan Stevens.

L'histoire : Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S'étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d'amour pour elle, mais victime d'une terrible malédiction.

Mon avis : L'histoire, je la connais. D'abord parce que j'ai adoré étant gamine le dessin animé de Walt Disney, malgré les visages assez moches des personnages. Mais les chansons me trottent encore dans la tête des années après ! Ensuite, parce que je me suis intéressée à d'autres versions, comme celle de Jean Cocteau de 1946 ou celle de Christophe Gans en 2014. Des versions françaises me direz-vous... Ici, le nom de Bill Condon aurait peut être du m'alerter : c'est après tout bien lui qui a réalisé les épisodes 4 et 5 de Twilight, peut-être les plus mauvais de la série. Bref, tout ce préambule pour vous faire comprendre que je n'ai pas été convaincue.

Commençons par le point positif : visuellement, c'est splendide ! Entre le petit village français très cliché et les décors enchantés, entre les objets animés et le maquillage de la Bête, c'est tout à fait bluffant. Ce qui ne suffit pas complètement à gommer les autres aspects passablement énervants de ce film.

D'abord, les personnages humains, toujours aussi caricaturaux. On dirait que c'est un aspect que j'accepte davantage dans les dessins animés que dans les films. Si je n'ai pas reconnu Dan Stevens, alias Matthew de Downton Abbey, sous les traits de la Bête, il est pourtant le personnage qui s'en tire le mieux, torturé et découvrant l'amour. Ce devait pourtant être difficile de faire passer une quelconque émotion derrière une tonne de maquillage et avec les images de synthèse. Par contre, Emma Watson aurait bien mieux fait de signer pour LalaLand. Elle semble absolument vouloir montrer que Belle n'est pas une princesse qui subit mais bien une aventurière, une féministe avant l'heure. Sauf que Belle subit l'histoire, une fois qu'elle fait le choix de se substituer à son père, le conte est construit ainsi. La caméra fait alors de nombreux gros plans sur le visage de l'actrice, mi-souriante mi-les yeux dans le vague, qui ne dit rien et ne fait passer aucune émotion. Les objets animés, Lumière et Big Ben en tête, sont par contre tout à fait savoureux, enrichissant le film des meilleures répliques.

Du côté des polémiques, abordons le sujet de la représentation des minorités. Le personnage du Fou, fasciné par la virilité de son Gaston d'ami, sème de nombreuses allusions osées et savoureuses, qui ont déjà été largement controversé. Je trouve qu'il apporte un petit brin de folie bienvenu dans ce film. Mais on peut se demander si, pour représenter enfin un personnage gay, ce qui est très bien, c'était forcément quelqu'un d'aussi exubérant, quitte à virer au cliché. Dans le même genre, nous avons le droit à des personnages noirs, comme le libraire : historiquement, cela n'a aucun sens, ce n'était pas possible en France à cette époque. A trop vouloir en faire, ça perd en crédibilité et ça finit par se voir comme le nez au milieu de la figure.

Ensuite, parlons des musiques. Je vous le disais plus haut, j'ai toujours en tête les chansons du dessin animé. Ne me demandez pas comment, c'est profondément ancré dans mon âme d'enfant, il faut croire. J'ai donc été ravie de découvrir aux premières notes que les chansons avaient été conservées à l'identique... jusqu'à ce que je tique sur une, puis plusieurs divergences. Comme si Disney, incapable de ressortir de ses cartons la traduction française originale, avait fait retraduire à nouveau, ce qui génère forcément des différences, qui écorche l'oreille des grands enfants comme moi. D'autant que certaines fois, on y perd vraiment sur la musicalité de la phrase.

Je pourrais aussi parler de la mise en scène, totalement ratée. Exemple : la scène de découverte de la bibliothèque ! Mais je vais m'arrêter là, ma chronique virant un peu trop au jeu de massacre à mon goût. Disons juste que ce film est tout simplement nul !

2 commentaires :

c'era una volta a dit…

Houla "nul", ça fait mal. Bon comme je ne l'ai pas vu moi même, je ne peux réellement commenté.
Mais si j'ai encore la possibilité de le voir, je prêterai attention à certaines choses que tu pointes du doigt ici.

Quand à Emma Watson, elle ne me convainc pas toujours dans ses rôles...

La chèvre grise a dit…

@ C'era : oui, je suis rarement aussi catégorique mais là, je n'ai pas pu faire autrement :) Je me rends compte qu'en dehors d'Harry Potter, je n'ai pas souvenir d'avoir vu Emma Watson dans autre chose.