ShareThis

03 avril 2017

La fille qui lisait dans le métro [Christine Féret-Fleury]

L'auteur : Née en 1961, Christine Féret-Fleury est éditrice et auteur française, notamment pour la jeunesse.

L'histoire : Juliette prend le métro tous les jours à la même heure. La ligne 6, le métro aérien. Ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est observer, autour d'elle, ceux qui lisent. La vieille dame, le collectionneur d'éditions rares, l'étudiante en mathématiques, la jeune fille qui pleure à la page 247. Elle les regarde avec curiosité et tendresse, comme si leurs lecture, leurs passions, la diversité de leurs existences pouvaient donner de la couleur à la sienne, si monotone, si prévisible.

Jusqu'au jour où Juliette décide de descendre deux stations avant son arrêt habituel, et de se rendre à son travail en coupant par une rue inconnue ; un pas de côté qui va changer toute sa vie.

Mon avis : Quand la quatrième de couverture vous vend un roman parlant de livres, comment résister ? C'est donc enthousiaste que j'ai commencé ma lecture.

Juliette est une jeune femme un peu amorphe qui se laisse porter par les habitudes. Une bonne vie bien plan plan qui ne la satisfait peut être pas complètement. C'est une personnalité plutôt sympathique, sujette aux "pensées et rêveries décousues" comme elle le dit elle-même. Ce qui emmène parfois le lecteur un peu loin et j'ai pu avoir quelques difficultés à suivre. Mais la galerie de personnages qui gravite autour d'elle est par contre très savoureuse, entre doux ahuris et jeunes pleins de pep's et de mordants. Mais on passe bien trop légèrement sur ces personnages secondaires qui pourtant, chacun à leur façon, bouscule Juliette. Les liens entre eux ne sont pas assez travaillés, on reste dans le superficiel, alors que ça aurait pu apporter beaucoup, notamment en humour.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est que très peu question de lecture dans le métro. On est loin du Liseur du 6h27 du coup, même si les livres qui croisent la route de Juliette vont changer sa vie, tout comme ils ont changé celle de Guylain. Par contre, l'antre de Soleman a un petit côté cimetière des livres oubliés bien agréable et il est bien dommage qu'on n'en apprenne aussi peu sur lui et sa famille.

Il y a quand même par moment quelques phrases qui font mouche au cœur de tout lecteur amoureux des livres, comme celles-ci : 

"Parce que c'est si long d'expliquer pourquoi on aime un livre. Et moi, je n'y arrive pas toujours. Il y a des livres, quand je les ai lus, je me sens... voilà. J'ai des choses qui remuent à l'intérieur. Mais je ne peux pas les montrer. Alors comme ça, c'est dit, et les gens n'ont qu'à essayer." (p°64)

La fille qui lisait dans le métro, de Christine Féret-Fleury
Éditions Denoël
Mars 2017

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je te sens mitigé sur cette lecture. Je me trompe ?

Lelf a dit…

S'il y a bien des livres dont je me méfie énormément, ce sont ceux qui parlent de livres. Souvent ils font appel quasi uniquement à l'émotion du lecteur pour les livres, souvent pour l'objet, et le reste n'est pas très intéressant.

Ça a été le cas pour moi avec "L'histoire épatante de M. Fikry et autres trésors", que j'ai trouvé mignonnet (grosses louches de sentiments humains en plus des livres) et que j'ai oublié direct après l'avoir lu. Sans parler de La Bibliothèque des coeurs cabossés qui ne m'a même pas donné envie après l'échec Fikry. Et je n'oublie pas Morwenna pour lequel je persiste à penser que les excellents avis sont essentiellement dus à l'amour des livres de l'héroïne dans lequel les lecteurs se sont projetés. Si tu n'y arrives pas (franchement je n'ai rien ressenti à ce niveau là malgré des points qui auraient dû me parler), le reste est assez moyen à mon sens.

Alors zut pour les romans autour des livres ^^
Mais là ça a l'air un peu plus secondaire, alors le récit est peut être plus équilibré et approfondi.
J'aime bien l'idée de départ mais ça ne me branche pas plus que ça ^^

La chèvre grise a dit…

@ Alex MOt-à-Mots : non, l'idée est bonne mais le traitement est ennuyant en fait.

@ Lelf : je pense que je vais devenir méfiante aussi. Je n'ai pas lu Fikry ni "La bibliothèque des coeurs cabossés" d'ailleurs, ni "Morwenna" (mais il faut dire que c'est à cause de l'auteur, n'ayant pas du tout été convaincue par "Le cercle de Farthing"). Là, c'est surtout plein de digressions pas très intéressantes en fait, et ça gache l'ensemble, alors que les personnages secondaires pourraient apporter facilement un peu de pep's à tout ça.

Drei-M a dit…

@Lelf et @la chèvre grise

Un livre superbe qui traite de livres (mais pas que) pour faire exception a cette règle de la méfiance, c'est la cité des livres qui rêvent de Walter Moers. Très chouette, bourré d'aventures et de poésie.
Je ne faisais que passer, bonne journée !