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24 avril 2017

Quand la neige danse [Sonja Delzongle]

Après la découverte de cette nouvelle auteur de polar avec son roman Dust, j'ai souhaité renouveller l'expérience avec Quand la neige danse, qui fait suite.

L'histoire : Quatre fillettes mystérieusement disparues, quatre poupées en porcelaine, sosies des enfants, envoyées à leurs parents un mois plus tard.

À Crystal Lake, petite ville paisible sous le coup d'un hiver glacial, non loin de Chicago, Joe Lasko est prêt à tout pour retrouver sa fille de quatre ans, Lieserl. Il engage son amour de jeunesse devenue détective privée pour mener leur propre enquête mais, aidés de la célèbre profileuse Hannah Baxter et son inséparable pendule, ils sont loin d'imaginer l'ampleur des secrets liés à ces disparitions.

Mon avis : Dans ce deuxième opus, on retrouve donc la profileuse Hannah Baxter mais qui ne fera qu'assez peu appel à son pendule cette fois. Elle est appelée au secours d'une enquête qui piétine par une ancienne élève à elle sur le territoire américain. Fini le cadre original de l'Afrique et c'est bien dommage car en posant l'action aux États-Unis on retombe dans une ambiance archi-connue des lecteurs de polars. Mais avec pour cadre un hiver glacial dans la banlieue de Chicago.

Sur le style, j'ai eu des soucis, en tout cas au début de la lecture. Il y a quelques erreurs de construction, comme l'utilisation de pronom personnel à la place du nom du personnage alors qu'on ne sait pas qui parle. Et, plus gênant surtout, des ruptures dans la narration qui casse la tension, comme une discussion dans une voiture sur l'affaire criminelle et d'un seul coup les deux femmes se mettent à chanter à tue tête sur la musique qui passe à la radio, sans aucune transition. Ça n'aide pas à construire l'angoisse sur des bases solides et crédibles. Et puis, au fil des pages, on s'aperçoit que des éléments distillés ne sont et ne seront pas du tout exploités : pourquoi le chef de la police voit-il des mites qui n'existent pas ? Pour rien. On ne nous livrera aucune explication et ce n'est même pas une fausse piste potentielle.

Les personnages demeurent superficiels tout au long du récit. Une fois posées leurs caractéristiques sur le papier, ils n'évoluent pas : le jeune père célibataire et médecin qui a perdu sa fille est prêt à tout mais ne fait quasi rien pendant l'enquête ; son vilain grand frère réapparait et reste le vilain petit canard de la famille... pas de psychologie plus creusée, de failles qui apparaitraient en côtoyant les personnages. La profileuse, dont on a su beaucoup de choses dans Dust, est moins présente et pas assez charismatique pour porter le livre sur ses épaules.

Il reste donc l'histoire elle-même qui nous est proposée : elle est distrayante certes mais ça ne suffit pas à mon goût pour dire que ce roman est une réussite. À choisir, j'ai bien davantage préféré Dust grâce à la découverte du Kenya et de certaines de ses traditions.


Quand la neige danse, de Sonja Delzongle
Folio
Mars 2017

4 commentaires :

c'era una volta a dit…

aïe aïe aïe, triple aïe! Bon... cela me fait un peu appréhender ma lecture... Et en toute confiance, j'ai fait l'acquisition du 3ème aux Quais du polar ^^ Triple buse.
Au pire, si ce dernier me déçoit peut-être me consolerai-je en me disant que le 3ème corrigera les défauts du second ^^

Mais je n'en suis pas encore là, et j'ose espérer que je serai plus réceptive à l'histoire.

La chèvre grise a dit…

@ C'era : après, ça se lit facilement hein. Mais si tu as aimé sans trop de réserve son premier "Dust", il y a des choses que celui-ci te plaise. Tout ce que je dis ici, j'avais déjà tiqué dessus dans le premier.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Il est dans ma PAL, dédicacé par l'auteur aux quais du polar. Je ne m'attend pas à grand chose, du coup.

La chèvre grise a dit…

@ Alex : qui sait, ce sera peut être une excellente surprise ?