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29 mai 2017

Métro 2033 [Dmitry Glukhovsky]

L'auteur : Dmitry Glukhovsky est un journaliste et auteur russe né en juin 1979. Métro 2033 est son premier roman, largement traduit et adapté en jeu vidéo.

L'histoire : 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie.
Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d'une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers des rencontres inattendues.

Mon avis : Voici un roman d'anticipation post-apocalyptique que j'avais noté pour l'offrir à Mister et ensuite le lire moi-même. Grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, je l'aurai lu la première !

Avec Métro 2033, nous plongeons dans l'enfer du métro moscovite, 20 ans après qu'une apocalypse nucléaire a poussé les rares survivants à se réfugier dans les profondeurs de la Terre. D'une station à l'autre, la situation est bien différente. Chacun s'organise pour survivre. Artyom habite dans la station VDNKh, au Nord. Celle-ci voit se multiplier les attaques des Noirs, créatures dont on ne sait pas si elles existaient avant la catastrophe ou si elles en sont la conséquence. Artyom va être envoyé parcourir le métro pour aller chercher de l'aide, dans une sorte de voyage initiatique.

Chaque station vit de façon plus ou moins autonome : les antagonismes qui ont provoqué la destruction de la surface de la Terre n'ont pas pour autant disparu et des rivalités apparaissent aussi dans les profondeurs du métro. Entre la ligne Rouge et Polis, les relations sont tendues. Le quatrième Reich abritent les néonazis auxquels s'opposent farouchement les Trotskistes. D'autres préfèrent mettre de côté l'aspect idéologique pour privilégier le commerce : la Hanse est la ligne circulaire par laquelle transite toutes les marchandises, que ce soit l'élevage de cochons ou la culture des champignons. Certaines sociétés sont déclinantes, d'autres tout à fait florissantes. S'il faut au lecteur un temps pour s'habituer aux noms des personnages et des stations, à consonance russe forcément, le plan dans les rabats de l'édition de poche aide beaucoup à s'orienter.

La grande originalité du roman est bien sûr dans l'univers clos des stations de métros et des tunnels qui les relient, véritable terrain de jeu pour Dmitry Glukhovsky. Il est propice à une ambiance forcément sombre qui devient aussi, sous la plume de l'auteur, oppressante. La menace rode en permanence, sans qu'on sache précisément de quelle nature elle peut être : physique ou psychologique, humaine ou mutante. Les êtres humains rêvent de la surface comme de l'Eden perdu mais ne semblent pas avoir tirer pour autant les conclusions de leurs agissements précédents. L'univers richement construit montre chaque organisation avec ses propres règles, que notre jeune Artyom doit vite comprendre. Mettant en lumière que les guerres intestines sont toujours de mise, jusqu'à la chute du récit qui apporte un autre éclairage. Entre récit d'action et de réflexion (théologique, philosophique et sociétal), le roman balance habilement sans jamais lasser.

Un défaut, parce qu'il en faut bien : ce roman a tout de même pas mal de longueurs, d'autant que le schéma est assez répétitif. Le héros arrive dans une station, en découvre les codes, réagit à une épreuve qui lui est imposée puis repart. Si les différents modes de civilisations imaginés sont intéressants, plusieurs pages en moins auraient pu rendre le tout un peu plus digeste.

Dernière précision : je recommande cette lecture sauf pour ceux qui seraient claustrophobes !


Métro 2033, de Dmitry Glukhovsky
Traduit par Denis E. Savine
Livre de Poche
Janvier 2017

5 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Mais les longueurs dont tu parles me font hésiter.

c'era una volta a dit…

Je te fais confiance pour la recommandation. Je pense que ça me plaira pour l'ambiance et les réflexions que ce roman post-apo peut amener.
Et puis n'en lisant pas beaucoup, je ne suis pas encore lassée du genre ^^

Miawka a dit…

J'ai commencé ce roman il y a quelques temps et j'ai bien aimé ma lecture. Mais la lenteur m'a fait stoppé la lecture. Il faudrait que je reprenne !

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : il y en a, c'est sur, mais ça passe bien quand même.

@ C'era : alors je lirai ton avis avec plaisir !

@ Miawka : c'est sur que parfois, c'est un peu longuet :)

Mariejuliet a dit…

bon, je le garde dans ma wish list alors :-)