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23 juin 2017

Wonder woman, de Patty Jenkins

Film américain de Patty Jenkins, sorti le 07 juin 2017, avec Gal Gadot et Chris Pine.

L'histoire : C'était avant qu'elle ne devienne Wonder Woman, à l'époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s'écrase sur l'île paradisiaque où elle vit, à l'abri des fracas du monde. Lorsqu'il lui raconte qu'une guerre terrible fait rage à l'autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu'elle doit enrayer la menace. En s'alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l'étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Mon avis :  A peine le film était sorti que, direction le ciné pour voir Wonder woman, motivée par l’envie d’un film d’action et intriguée par l’aspect plus féministe que les précédents opus de DC Comics : une femme justicière et une femme réalisatrice. J’avais cependant une bonne dose de méfiance car le dernier, Batman vs Superman : l’aube de la justice était vraiment mauvais.

Sans être un grand film, Wonder woman s’en sort tout à fait honorablement. Le scénario joue intelligemment avec les codes du genre et alterne les scènes d’action et les scènes plus intimes, teintées d’humour. C’est que le décalage entre l’univers mythologique dans lequel Diana a grandi et le monde de la Première guerre mondiale est propice à quelques répliques savoureuses. Notre amazone malgré son côté parfois naïf est loin d’être ridicule. Les échanges avec Steve, simple humain faillible, un peu puritain sur les bords, lorsqu’elle est très libérée sur les choses de la chair mais tient mordicus à son code de l’honneur, sont drôles et savent remettre en perspective les choses importantes.

Visuellement, c’est splendide : la couleur et la mise en scène scotchent le spectateur dans son fauteuil. Rien à redire la dessus. Pour l’histoire elle-même, je suis un peu plus dubitative. Il faut dire que, au cinéma, si j’adhère au récit de justicier, les combats entre divinités ont plus tendance à m’ennuyer : je ne suis pas réceptive à Thor par exemple (ok, il était mauvais en plus). Ici, c’est le même problème puisque Diana se lance à la poursuite d’Arès et c’est ce qui prend le pas sur la défense des humains, jusqu’à la dernière scène. Passablement raté au passage, entre un « vrai méchant » sans aucun charisme et une réplique « je choisis l’amour » un tantinet ridicule (« je choisis de croire en l’humanité » aurait été plus juste).

Le film tient beaucoup aussi à l’interprétation réussie de Gal Gadot, en somptueuse déesse, forte et sensible, et celle de Chris Pine en espion parfois dépassé par les événements. La tenue affriolante de Wonder woman n’en fait pas pour autant uniquement un objet sexuel mais bien une divinité, inatteignable. L’homme à côté d’elle n’est pas là pour la protéger, bien au contraire. Et les échanges avec d’autres femmes ne se réduisent pas à des discussions sur l’amour.

Bref, un divertissement qui remplit parfaitement son rôle et qui fait souffler un vent de fraicheur sur le genre, un peu poussiéreux, du film de super héros.

6 commentaires :

Herbefol a dit…

Est-ce que tu l'a vu en VO ou en VF ?
Je l'ai vu en VO et je trouve que les répliques de WW sur l'amour qui sauvera le monde passent plutôt bien.

La chèvre grise a dit…

@ Herbie : VO, toujours autant que possible. C'est les répliques de la fin surtout, avec le méchant pas crédible, qui m'ont un peu déçue.

c'era una volta a dit…

Je l'ai vu avant de partir en cure et j'avoue être un peu plus mitigée que toi.

Pour commencer j'ai aimé la mise en scène des combats (allez à 98%), l'actrice est plutôt sympa effectivement et elle incarne bien Wonder woman. Un brin naïve mais pas trop ^^ Volontaire et déterminée.

Après ce que j'ai regretté, c'est qu'on nous serve d'emblée une histoire d'amour entre elle et Chris Pine (bon lui j'avoue il ne me convainc qu'à moitié alors peut-être que ça joue dans mon ressenti). Pourquoi est-ce nécessaire? Sinon pour appâter la gente féminine récalcitrante aux films de super héros? Ou pire, montrer qu'au final, la femme super héros reste une femme qui n'agit que pour l'amour d'un homme? Peut-être que je suis excessive et que je vais un peu loin, mais y a un peu de ça qui m'agace dans le film.
Et puis parce qu'au final, oui ok y a Wonder woman qui sauve l'humanité mais voilà, elle partage le beau rôle avec un mec (qui se révèle un ptit héros au final quand même)...

Le méchant de l'histoire (Lupin d'Harry Potter, pas pu me défaire de cette image à chaque fois que je le voyais apparaître) ne m'a pas du tout convaincue. Mais alors pas du tout, son personnage est raté. Il est mou et pas crédible effectivement.

Heureusement que l'actrice qui incarne Wonder woman est pas si mal dans le rôle (la secrétaire aussi m'a amusée) et qu'on a de belles choses au niveau visuel sinon...

En tout cas, c'est pas encore LE film de super héroïne tant attendu. Je n'ai pas regardé ce que la critique en a dit encore. J'espère que ça sera pas le flop qu'ont connu les autres films consacrés à des super héroïnes.

++

La chèvre grise a dit…

@ C'era : oui, il y a une histoire d'amour, mais elle est totalement secondaire. En tout cas, lui est tellement en dessous d'elle que ça n'est pas réel. Ça relève plus de l'adoration d'un dieu pour lui, et pour elle j'ai plus pris ça comme une découverte des sentiments humains et de leur complexité. Je ne suis pas sure qu'on puisse dire qu'elle l'aime, disons plutôt qu'il l'a forcément marquée.

C'est vrai que la secrétaire était marrante aussi. En gros, la part belle est faite aux femmes et ça fait du bien, même si on aimerait que ce soit plus habituel et moins caricatural du coup.

c'era una volta a dit…

Voilà caricatural c'est le mot qui ne me venait pas :p

C'est marrant je n'ai pas perçu la vénération de Pratt pour WW, je crois qu'il était séduit par sa beauté et amoureux. Elle, elle a ce côté un brin naïf de la primo amoureuse ^^ Mais bon je suis dure, y avait un côté amusant dans leurs échanges.

Les femmes ont des rôles plus convaincants, je suis d'accord avec toi!

La chèvre grise a dit…

@ C'era : elle est un brin naïve sur tout en fait, c'est pour ça que je ne la cantonne pas à la primo amoureuse. D'autant que sur les choses du sexe, elle ose dire ce qui est, même si c'est connaissance sont toutes théoriques. Pratt lui a de l'expérience, il sait en pratique mais semble subjugué à la fois par la femme belle mais aussi par son côté femme forte et sa curiosité et sa conviction. Elle est tellement loin de l'humaine et de ses préoccupations qu'il n'ose pas et que ça n'a que peu de chance d'aboutir. D'où pour moi le fait que cet aspect soit vraiment secondaire. Par contre, c'est intéressant pour les échanges entre les deux que ça provoque, comme tu le dis.