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22 septembre 2017

Dunkerque, de Christopher Nolan

Film américano-britanico-franco-hollandais de Christopher Nolan, sorti le 19 juillet 2017, avec Fionn Whitehead, Tom Glynn-Carney et Jack Lowden.

L'histoire : Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

Mon avis :  Commençons par quelques précisions historiques (si j’avais fait ces recherches avant, je n’aurais pas embêté Mister pendant la séance en lui posant des tas de questions) : La bataille de Dunkerque est peu connue des Français mais est une véritable fierté nationale pour les Britanniques car, même s’il s’agit d’une évacuation, elle porte en elle le germe de la victoire future. Tout se passe entre le 26 mai et le 4 juin 1940, dates de l’opération Dynamo qui est le cœur du film de Christopher Nolan. Sur la plage de Dunkerque plus 300 000 soldats britanniques sont encerclés par les Allemands qui bombardent les lieux. Il va pourtant falloir tenter de les évacuer.

Ce qui m’a gênée dans ce film, c’est le rôle inexistant des soldats français dans cette bataille, alors que ce sont eux qui tiennent les positions dans la ville pour empêcher les Allemands d’avancer et rendent possible une évacuation. Nous sommes habitués à la glorification américaine, mais pour un réalisateur britannique je m’attendais à autre chose. Le seul Français qu’on voit est vite qualifié de lâche.

Ensuite, je trouve que les scènes de grand nombre sont assez mal rendues. Dans les plans où on s’attendrait à ce que les bombes pleuvent sans discontinuer ou à ce que les bateaux arrivent en masse, on ne voit qu’un malheureux avion et une petite dizaine de bateaux. Ça manque d'ampleur du coup.

Pour le reste, ce film est un film de guerre efficace, même si Nolan préfère le terme de film de survie. Car effectivement, c’est bien de survie dont il est davantage question. Pour chaque personnage, le compte à rebours pour échapper à la mort semble lancé, comme si nous étions dans un thriller. Le pilote de Spitfire, le capitaine d’un petit voilier, le soldat sur la plage : les airs, la mer, le sol. Trois lieux, trois temps, trois personnages qui sont réunis à un instant T qui est le tournant de la guerre, permettant d’échapper au massacre qui s’annonçait. Autour d’eux, il est question de bravoure et de lâcheté, d’inconscience et de courage, de désarroi, de peur, de joie et de fierté. Les grands acteurs s’effacent pour endosser formidablement leurs rôles.

Le spectateur est totalement immergé dans l’action. A ciel ouvert, il est asphyxié par l’étau allemand qui semble se resserrer inexorablement. Précisons également la qualité visuelle du film, indéniable. Les plans larges et ceux resserrés racontent tous la même histoire à épaule d’homme, en évitant judicieusement le côté larmoyant qui pouvait agacer dans Il faut sauver le soldat Ryan. Peut-être grâce à cette économie de mots qui en ferait presque un film muet. Et puis il n'y a aucune goutte de sang, pas de déluge d'hémoglobine. Tout se passe dans la tête du spectateur qui sait, qui comprend.

Quelques bémols donc mais un film qui m'a fait frémir à chaque sifflement de bombe ou de balle.

2 commentaires :

c'era una volta a dit…

De mon côté, peut-être parce que j'en ai un peu trop entendu parler avant sa diffusion en salle, je m'attendais à un film "d'action" vibrant d'émotions vu le sujet. Et le bouleversement intérieur n'a pas été au rendez-vous. Le film m'est apparu du coup, très froid et mettant à distance par sa mise en scène, toute émotion.

Je ne dis pas qu'il est mauvais. Pas du tout. Visuellement, il est même superbe et parfait. Épuré.

Quand je repense au film, je me rends compte que malgré l'absence de dialogues (quasi muet comme tu dis), il y a beaucoup à dire sur les attitudes, comportements des personnages.

J'ai bien envie de le revoir...

La chèvre grise a dit…

@ C'era : moi j'ai envie de (re)voir Weekend à Zuycoote du coup, pour avoir la vision française de cette histoire.