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27 octobre 2017

Blade runner 2049, de Denis Villeneuve

Film américain de Denis Villeneuve, sorti le 4 octobre 2017, avec Ryan Gosling, Harrison Ford et Jared Leto.

L'histoire : En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bio-ingénierie. L'officier K est un Blade runner : il fait partie d'une force d'intervention d'élite chargée de retrouver et d'éliminer ceux qui n'obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu'il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c'est à son tour d'être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade runner qui a disparu depuis des décennies...

Mon avis : Arte rediffusait une semaine après la sortie de ce film la première version signée Ridley Scott. Je l'avais déjà vu étant jeune mais j'ai replongé dans ce monde imaginé par Philip K. Dick pour bien m’imprégner de l'ambiance. Il faut aussi avouer que je ne suis pas une inconditionnelle de ce film ou de cette histoire. En général, j'apprécie le génie de Dick mais je trouve ses récits terriblement datés. Et comme il a inspiré toute la science-fiction et même au-delà, tout le monde connait les clés. Bref, tout ça pour dire que c’est avec une pointe de crainte de m’ennuyer que je me suis dirigée vers la salle obscure. À la sortie, j’étais à l’inverse très enthousiaste ! Bon, il y a effectivement quelques longueurs. Le film dure 2h49 et on pourrait facilement enlever 20 minutes sans rien gâcher. Mais peu importe. Denis Villeneuve a fait ici un remarquable travail.



Sur l’histoire d’abord. Il invente une histoire unique et originale, bien moins simpliste que la version de Ridley Scott (sans pour autant tomber dans le travers de l’alambiqué), une sorte de suite possible plusieurs décennies plus tard. Dans la lignée sans être une redite, ce qui pouvait inquiéter vu ce que nous propose en général Hollywood qui use et abuse jusqu’à la trame des licences qui ont connu un succès. On conserve bien sûr la thématique ultra-connue des films de SF : qu’est-ce qui fait l’Homme ? Corps, souvenirs, âme, capacité de reproduction ? Ce n’est en fait pas tellement l’histoire qui importe que la façon de la raconter. Et là, Villeneuve fait merveille en retrouvant l’ambiance si particulière, tout en la modernisant et la magnifiant. La musique, parfaite, nous plonge dans une sorte de transe hallucinatoire qui accompagne la réalisation époustouflante. Séquence du corps de la prostituée permettant à l’hologramme de s’incarner, survol de la déchetterie, casino au cœur de la zone interdite... les séquences mémorables sont pléthore. Les décors angoissants, les costumes, les mouvements de caméra, les couleurs, la lumière, le moindre détail… rien n’est laissé au hasard et tout concorde et participe à une réussite visuelle. Le réalisateur se donne le temps de déployer son film, lent et au final assez contemplatif.



L’ensemble est assez froid par moment. On pourrait peut-être reprocher un manque d’émotions. Ryan Gosling n’est pas connu non plus pour être l’acteur le plus expressif, ce qui d’ailleurs lui allait parfaitement dans Drive. Ici, cela colle bien aux tourments de son personnage K : androïde ou humain ? Sa solitude suinte, et c’est ce qui m’aura le plus touchée je pense. Quant à Harrison Ford, on sent qu’il prend un réel plaisir à reprendre son rôle de Rick Deckard 35 ans après. Les personnages secondaires font tous parfaitement leur boulot, à l’exception peut-être de Jared Leto sur lequel, comme beaucoup d’autres, j’émets quelques réserves : il est trop caricatural, d’autant que les questions qui restent à la fin de la séance porte sur lui, prouvant que son rôle n’est pas clair dans l’histoire.


Le fait d’avoir revu le 1er quelques jours plus tôt m’a permis de comprendre beaucoup de références, de raccrocher parfaitement l’histoire, mais on peut tout à fait s’en passer. Disons que c’est un plus qui fait qu’on saisit mieux l’équilibre trouvé par les scénaristes entre hommages et liens directs.

Une belle réussite et certainement le film de l’année pour l’instant.

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Comme je m'étais endormi devant le rediffusion d'Arte, je craignais un peu en allant le voir au ciné.

dasola a dit…

Bonsoir, quel film! Une vraie réussite visuelle même si c'est différent du Ridley Scott. Le scénario tient la route. Le seul petit bémol, c'est le "méchant" de l'histoire, le docteur interprété par Jared Leto qui en fait beaucoup. Mais comme on le voit peu, ce n'est pas trop grave. Bonne soirée.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-Mots : moi aussi je me suis endormie, les deux fois où je l'ai vu :) Mais pas devant celui-ci.

@ Dasola : oui, tout le monde est d'accord pour dire que la prestation de Jared Leto cloche quelque part. Dommage mais pas très grave comme tu le dis justement.