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08 janvier 2018

Notre famille [Akhil Sharma]

L'auteur : Né en juillet 1971 à Delhi en Inde, Akhil Sharma a émigré à l'âge de 8 ans aux États-Unis. Il est professeur à l'université et Notre famille est son deuxième roman.

L'histoire : Ajay n'a pas dix ans lorsque sa famille quitte l'Inde pour s'installer aux États-Unis. Lui et son grand frère Birju découvrent émerveillés ce pays plein de promesses. Mais un drame va bouleverser toute la famille. Alors que Birju ne sera plus jamais le même, le père s'enfonce dans l'alcool, la mère dans le bigotisme et Ajay se réfugie dans la littérature. Dans l'ombre de son frère aîné, ce dernier reste seul à porter les espoirs de ses parents. Adolescent rêveur, tiraillé entre deux cultures, il va devoir lutter pour trouver sa voie - sans jamais oublier les siens.

Mon avis : Akhil Sharma livre ici un roman racontant les difficultés et la douleur d’une famille indienne immigrée aux États-Unis plongée dans la tragédie.

Toute la première partie du roman est consacrée à la question de l’immigration, en comparant la vie d’Ajay en Inde et son arrivée aux États-Unis. S’intégrer dans un pays d’adoption ne veut pas dire s’oublier, oublier qui on est ni d’où on vient, oublier son attachement à ses origines et ses traditions. Comment ne pas se renier tout en adaptant sa façon de vivre ? Comment faire sa place dans une société dont on ne comprend pas tous les codes ? Ne risque-t-on pas de créer un fossé entre la génération des parents et celles des enfants, plus adaptés ? Cette partie est intéressante et écrite avec une plume à la fois légère et drôle, malgré le sujet.

J’ai moins aimé la seconde partie, qui se dessine à partir de l’accident de Birju. Cet événement va complètement bouleverser la vie de cette famille et fait dévier le livre vers le drame intime. Le père ne sait pas gérer la situation et s’enferme dans l’alcoolisme. La mère se tourne vers ses traditions religieuses. Ajay ment à tout le monde et espère s’en sortir en étudiant. Ou cherche-t-il tout simplement à rendre à ses parents ce fils qu’ils ont perdu un jour d’été ? On nous décrit les difficultés d’une prise en charge médicale, les séances aux Alcooliques Anonymes, les concours d’entrées dans les grandes écoles, le racisme, les recours aux tribunaux… Ça part dans tous les sens, en fait. À tout évoquer, l’auteur s’éparpille et m’a un peu fatiguée. Ce corps immobile et silencieux de Birju est à la fois le point central de cette famille et la raison pour laquelle elle explose.

Il n’y a pas vraiment d’espoir dans ces lignes, on ne sait pas ce qu’Ajay va pouvoir devenir et il n’y a pas de perspective d’amélioration. C’est triste, mais c’est aussi surement le reflet des espoirs déçus d’un eldorado que beaucoup d’immigrés ont connu.

Merci Lili pour cette lecture en tout cas !

Notre famille, d'Akhil Sharma
Traduit par Paule Guivarch
Éditions 10/18
Août 2016

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un roman en phase avec la réalité, alors.