ShareThis

23 avril 2018

Chronique d'une mort annoncée [Gabriel Garcia Marquez]

Après l'immense surprise et le coup de cœur qu'avait été ma lecture de Cent ans de solitude, il était évident que je relirai Gabriel Garcia Marquez. Pour ces retrouvailles, j'ai choisi Chronique d'une mort annoncée.

L'histoire : Les frères Vicario ont annoncé leur intention meurtrière à tous ceux qu'ils ont rencontrés, la rumeur alertant finalement le village entier, à l'exception de Santiago Nasar. Et pourtant, à l'aube, ce matin-là, Santiago Nasar sera poignardé devant sa porte. Pourquoi le crime n`a-t-il pu être évité ? Les uns n'ont rien fait, croyant à une simple fanfaronnade d'ivrognes ; d'autres ont tenté d'agir, mais un enchevêtrement complexe de contretemps et d'imprévus - souvent joyeusement burlesques -, et aussi l'ingénuité ou la rancœur et les sentiments contradictoires d'une population vivant en vase clos dans son isolement tropical, ont permis et même facilité la volonté aveugle du destin. 

Mon avis : Ce court roman est une sorte de mélange entre témoignage, reportage et roman policier. Il se base sur un fait réel, celui d’un meurtre qui se déroula en 1951 à Sucre, dans le Nord Ouest de la Colombie. Le narrateur reconstitue, près de trente ans après les faits, le fil des tous derniers événements qui ont conduit à l’assassinat de Santiago Nasar. Et l’histoire se déroule de façon inversée : on connait tout de suite le meurtrier, la question est de savoir comment tout s’est enchaîné jusqu’au drame. Un peu comme un épisode de Colombo.

Car le village entier savait ce qui allait se produire. Bon nombre de ses habitants a cherché à prévenir la victime et pourtant, rien ne peut être empêché. On pourrait parler de destin funeste. C’est surtout rocambolesque tant les circonstances malencontreuses se multiplient alors que beaucoup tentent de prévenir ce crime. Le seul à ignorer ce qui attend Santiago Nasar c’est Santiago Nasar lui-même !

Le lecteur n’est même pas certain qu’il soit bien le responsable du déshonneur d’Angela, la sœur des frère Vicario, qui doivent le venger par pure tradition. Même si les coupables ne paraissent pas très motivés, rien ne réussit à empêcher cette mise à mort. Malgré l’histoire dramatique, le récit n’est pas dénué d’humour pour pointer la fatalité ou l’incapacité des hommes à se responsabiliser devant le poids de traditions qu’ils n’ont pas forcément envie de respecter. C'est bien trouvé pour alléger le récit qui se déroule déjà sous un soleil de plomb et dans une ambiance étouffante à souhait.

Chronique d'une mort annoncée, de Gabriel Garcia Marquez
Traduit par Claude Couffon
Éditions Livre de poche
1981

2 commentaires :

Violette a dit…

je l'ai lu il y a très longtemps et, même si j'avais apprécié, je pense que j'étais trop jeune. Tu me donnes bien envie d'y jeter à nouveau un coup d'œil !

La chèvre grise a dit…

@ Violette : c'est souvent le problème quand on découvre jeune des classiques je trouve. On peut les apprécier, mais on n'en comprend pas forcément toute la portée. J'ai relu quelques classiques à cause de ça :)