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30 avril 2018

Le mort aux quatre tombeaux [Peter May]

Après L'île du serment, je retrouve à nouveau Peter May, l'auteur de la magnifique trilogie de Lewis qui m'avait tant plu. Cette fois, c'est avec le premier tome de la série Assassins sans visage Le mort aux quatre tombeaux, qui trainait dans ma PAL depuis quelques années déjà.

L'histoire : Un pari lors d'une soirée trop alcoolisée amène Enzo MacLeod, ancien légiste de la police écossaise établi en France, à entreprendre une enquête autour de la disparition inexpliquée de Jacques Gaillard, conseiller du Premier ministre devenu star de la télévision et dont on n'a plus aucune trace depuis le mois d'août 1996. Cette affaire énigmatique a mis en échec la fine fleur de la police française. Arrogance déplacée ? En quelques jours, à la surprise générale, MacLeod remonte le fil jusqu'à une malle fortuitement découverte dans les catacombes de Paris. Une malle qui contenait, outre un crâne humain, une fort étrange collection d'objets : une coquille Saint-Jacques, un stéthoscope, un pendentif avec une abeille, une médaille de l'ordre de la Libération.

Et si, pour élucider le mystère, il fallait se plonger dans l'histoire de France ? MacLeod comprend que le ou les assassins ont jeté un défi aux enquêteurs en assemblant les pièces d'un inextricable puzzle. Il décide de relever le gant. Sans imaginer que le tueur puisse s'en prendre à lui.

Mon avis : J’avais acheté ce roman sur le seul nom de Peter May, sans savoir que c’était le premier tome d’une nouvelle série, celle des Assassins sans visage. On va suivre Enzo MacLeod, ancien légiste écossais installé en France à Cahors depuis plusieurs années. Il a fait un pari, celui de mettre à profit les progrès de la science pour résoudre des crimes qui sont restés longtemps non élucidés. Il s’attelle alors à la disparition de Jacques Gaillard, ancien énarque devenu conseiller du Premier ministre puis animateur d’une émission de télévision sur le cinéma, qui a eu lieu dix ans plus tôt.

L’enquête se révèle un vrai jeu de pistes, macabre à souhait, très agréable à suivre d’autant qu’il se rapporte à l’Histoire de France et fait appel à beaucoup de culture générale. J’apprécie particulièrement les policiers qui s’appuient sur des éléments historiques. Et puis les étapes sont ici bien amenées et s’enchainent facilement. Un peu trop peut être, il n’y a pas beaucoup d’embûches sur les différentes déductions faite par le professeur. Les ficelles sont trop visibles. Certains personnages secondaires, comme celui de Nicole par exemple, n’ont pas d’autres intérêts que de provoquer quelques situations gênantes ou cocasses ; ils auraient pu être plus développés. Et la fin m’a déçue tant elle m’a semblé bâclée, comme s’il fallait absolument retrouver un personnage déjà croisé plus tôt quitte à perdre en crédibilité.

Notre enquêteur est par contre un personnage agréable et attachant, mais pas manichéen pour autant. Il sait se laisser aller à de petites mesquineries par moment, fait un peu trop confiance aux gens ou en à d’autres dans le nez pour de mauvaises raisons. Sa situation familiale est complexe, comme nous le découvrirons petit à petit. Il a une vie pas toujours très simple mais pas pour autant déprimante comme c’est trop souvent le cas dans ce genre de roman, où on se plait à nous dépeindre des enquêteurs toujours hantés par leurs démons. L’auteur exploite assez peu son passé de légiste. En tout cas sur ce premier tome, peut être que dans les suivants cela servira à quelque chose.

Cerise sur le gâteau pour moi : il se trouve que les lieux choisis par l’auteur sont des lieux qui me parlent particulièrement : Cahors, la Corrèze, Paris, Epernay…

Un roman policier simple et sans prétention qui se lit agréablement. On est cependant très loin du niveau de sa trilogie de Lewis, c’est certain.

Le mort aux quatre tombeaux, de Peter May
Traduit par Ariane Bataille
Éditions du Rouergue
Juin 2015

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Flûte, cette nouvelle trilogie me tentait. Quelle déception !

Licorne a dit…

Grande fan de Peter May aussi, j'ai adoré la trilogie écossaise, j'ai commencé sa série chinoise qui est vraiment pas mal du tout !

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : en fait, ça a été écrit avant sa fameuse trilogie écossaise, et clairement, l'ambiance n'est pas là et il y a quelques facilités et grosses ficelles. Après, on ne peut pas dire que j'ai passé un mauvais moment non plus.

@ Licorne : ah ? j'en avais entendu des avis plutôt mitigés, surtout par rapport toujours à cette trilogie écossaise. Un jour peut être que je tenterai :)