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24 septembre 2018

Dans l'ombre [Arnaldur Indridason]

Grâce à Babelio, j'avais plongé dans le deuxième tome de la Trilogie des ombres d'Arnaldur Indridason, La femme de l'ombre. J'avais bien aimé ma lecture, et ma mère avait le premier tome. J'ai donc sauté sur l'occasion.

L'histoire : Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d'une balle de Colt et le front marqué d'un "SS" en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d'Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l'Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu'il est bilingue.

L'afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d'agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s'émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n'ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l'île. Par ailleurs on attend en secret la visite d'un grand homme.

Mon avis : Parce qu’il faut toujours que je prenne les trilogies dans le mauvais sens, me voici donc a entamé ma lecture en me demandant si je devrais bien me souvenir du tome 2. Me voici vite rassurée : comme souvent avec Indridason, les romans se suffisent à eux-mêmes, même lorsqu’ils s’inscrivent dans un cycle. En l’occurrence ici, je vais assister à la première rencontre entre le duo d’inspecteurs : Flovent, enquêteur à la criminelle débutant, et qui risque de l’être longtemps vu le peu de crimes perpétrés en Islande, et Thorson, détaché de la police militaire pour l’assister, et accessoirement s’assurer qu’il n’y ait pas trop d’éclaboussures sur l’armée d’occupation.

Car oui, il y a bien occupation : pas allemande certes. Il s’agit d’alliés. Mais, après l’armée britannique, ce sont les Américains qui ont débarqués, et avec eux un mode de vie complètement différent qui secoue les traditions et fait se confronter deux conceptions du monde. Car les occupants considèrent les habitants de l’île comme des bouseux arriérés et bons à rien. Or donc, après le meurtre d’un représentant de commerce dans un appartement modeste de Reykjavik, les soupçons se portent sur un militaire américain. Un dossier en apparence facile, si un symbole nazi dessiné sur le front de la victime ne venait pas tout embrouiller. Nos deux inspecteurs vont devoir mener l’enquête et faire face aux a priori et cachotteries de tous.

Encore une fois, la narration est très classique dans le genre policier. Pas vraiment de course poursuite, pas de sang qui gicle. Bémol : les personnages principaux que sont Thorson et Flovent sont assez lisses. Mais Indridason, à son habitude, travaille l’ambiance et le décor historique. Cette fois, il s’intéresse à l’émergence d’un mouvement nazi en Islande, là où les Allemands pensaient trouver l’origine de la race aryenne chez les descendants de Viking. En cette période troublée, l’espionnage n’est pas une fiction et la suspicion est à l’honneur sur l’île, alors que la guerre gronde au loin.

À partir de là, le lecteur plonge avec plaisir dans un récit fascinant. Pour moi qui ai pu faire un séjour en Islande, il me suffit de quelques pages pour replonger dans mes souvenirs et retrouver ces paysages uniques.Vivement ma lecture du tome 3, déjà emprunté !

La trilogie des ombres tome 1 : Dans l'ombre, d'Arnaldur Indridason
Traduit par Éric Boury
Éditions Métailié
Février 2017

4 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Quelle idée de les prendre dans le désordre ;-)

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : on les prend comme ils viennent aussi :) Mais sérieusement, aucune gêne à la lecture.

dasola a dit…

Bonjour La chèvre grise, j'ai trouvé que le tome 3 était le meilleur de la trilogie. Bonne lecture à toi!

maggie a dit…

J'avais bien aimé le 1 mais moins le 2. Le 1 est clssique mais pas mal pour l'arrière fond historique. Moi aussi, j'avais trouvé que les deux enquêteurs étaient très superficiellement décrits...