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07 septembre 2018

The guilty, de Gustav Möller

Film danois de Gustav Möller sorti le 18 juillet 2018, avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohmann et Laura Bro.

L'histoire :  Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

Mon avis : C'est le bouche à oreille qui m'a emmené un soir d'été dans une salle de cinéma pour découvrir ce film. Et la rumeur disait juste : on ne voit pas passer l'heure et demie alors que nous sommes enfermés entre quatre murs et que la caméra ne lâche guère le visage de Jakob Cedergren, tout simplement magistral !

Pas d'effets spéciaux, pas de courses poursuite. On suit en temps réel, la progression des policiers danois pour retrouver Iben, jeune femme enlevée qui a trouvé le moyen d'appeler la police. Elle tombe sur Asger Holm, contraint pour un temps de  délaisser le terrain et se contenter du téléphone. C'est uniquement avec cet outil et son imagination qu'il va faire progresser l'enquête jusqu'au dénouement final. La succession des appels reçus ou passés fait monter petit à petit la tension. Ce qui est bluffant, c'est que le spectateur est réellement actif pendant le visionnage, c'est lui qui imagine dans sa tête les images, jusqu'aux plus sanglantes parfois, uniquement à partir des conversations du policier. On ne voit jamais rien d'autre qu'Asger, on ne voit jamais les victimes ou les différents protagonistes de l'histoire. L'ensemble est d'une efficacité redoutable. On ne s'ennuie pas un instant !

On sent bien qu'Asger n'est pas ravi d'être enfermé dans un bureau. Il doit passer en jugement le lendemain et espère pouvoir retrouver très vite le terrain. C'est un homme d'action qui s'agace de devoir dépendre des autres. Il va révéler sa part d'ombre en étant confronté à l'appel d'Iben. Une remise en cause tardive mais profonde. Il n'en a pas l'air et son visage reste souvent stoïque, en dehors de pointes d'agacement. On sent que le climat avec les collègues n'est pas au mieux. Mais c'est la voix, le principal vecteur à disposition, qui révèle les failles du personnage. Quand elle se serre, quand elle chevrote, elle ouvre un monde à la perception du spectateur. Sa relation téléphonique avec Iben est une véritable révélation, chaque phrase et chaque mot pouvant avoir un impact considérable.

Au-delà de l'aspect captivant, le scénario recèle sa dose d'émotions. On comprend que les apparences peuvent être trompeuses et que les jugements hâtifs ou sous le coup des émotions ont parfois des conséquences dramatiques.

Le film de l'été à ne pas manquer !

3 commentaires :

maggie a dit…

Oui, on ne voit pas le temps passer mais je n'ai pas trouvé le film passionnant. Trop d'invraisemblances...

La chèvre grise a dit…

@ maggie : quel dommage !

dasola a dit…

Bonjour La chèvre grise, un film très bien interprété avec une fin assez inattendue. Un huis-clos qui tient ses promesses. Bonne journée.